Muzio Clementi et Phil Collins
Muzio Clementi et Phil Collins
Muzio Clementi et Phil Collins - Aaron Rapoport / Corbis / Getty
Muzio Clementi et Phil Collins - Aaron Rapoport / Corbis / Getty
Muzio Clementi et Phil Collins - Aaron Rapoport / Corbis / Getty
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Résumé

Muzio Clementi est né il y a 270 ans jour pour jour, le 24 janvier 1752. Un compositeur qui a vécu dans l’ombre des géants comme Haydn, Mozart et Beethoven et qui fut parfois moqué par Mozart, Debussy et Satie mais aussi célébré par Phil Collins !

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Cet italien qui a vécu l’essentiel de sa vie à Londres était considéré comme le père du piano-forte. Il faut dire que ce compositeur, pianiste virtuose, éditeur de musique et facteur de piano a consacré l’essentiel de son oeuvre au piano. Son talent lui a permis de donner des concerts dans toute l’Europe et même d’affronter dans un duel pianistique l’éminent Mozart ! Une joute musicale qui eut lieu à Vienne le 24 décembre 1781 devant l’Empereur Joseph II et de laquelle personne ne sortit gagnant. Mozart en conserva une certaine amertume d’ailleurs à en juger par certaines de ses lettres où il pointait le manque d’expression, de goût et de sentiment de son rival italien…

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Un Mozart peut-être mauvais joueur car vous aurez sans doute pu reconnaître une certaine proximité entre la sonate de Clementi qui ouvrait cette chronique et le thème fugué de l’ouverture de la Flûte Enchantée de Mozart. Il s’agissait peut-être pour Mozart de montrer à tout le monde qu’il pouvait faire mieux que Clementi. Je dis peut-être car Mozart n’a jamais avoué s’être inspiré de la Sonate de Clementi pour écrire son ouverture. Le doute est donc permis ce qui n’est pas le cas de ce second clin d’oeil à une oeuvre de Clementi, un pastiche signé Claude Debussy.

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Quand il jouait ce Gradus ad Parnassum comme c’est ici le cas en 1953, le pianiste Alfred Cortot entendait dans cette oeuvre une évocation moderne « des complications monotones et perfides » de Muzio Clementi. Et il n’avait pas tort car en intitulant cette cascade de double croche Gradus ad Parnassum, Claude Debussy fait précisément référence au Gradus ad Parnassum de Muzio Clementi. Trois volumes d’exercices pour piano-forte composé entre 1817 et 1826. Des études parfois très musicales et poétiques. Malheureusement Debussy s’est seulement souvenu des plus mécaniques d’entre-elles comme cette véloce 16e étude !

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Mozart et Debussy ne sont pas les seuls à avoir uniquement mis en valeur l’aspect technique de Clementi.  Erik Satie a aussi composé une Sonate Bureaucratique qui fait référence à Clementi. Un compositeur respecté par Beethoven et que l’on croise plus souvent pendant notre apprentissage du piano plus que lors de récitals de concert.

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Pourtant Clementi était aussi capable d’écrire des pièces d’une beauté classique, sereine comme cette sonatine en sol majeur op.36 reprise dans le tube A Groovy Kind of Love chantée par Diane and Annita ou encore par Phil Collins. Un peu comme si la pop venait finalement à la rescousse du grand Muzio Clementi !

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Références

Programmation musicale

08h17
Trio n°3 en ut min op 101 : 2. Presto non assai
Trio n°3 en ut min op 101 : 2. Presto non assai
Johannes Brahms
Trio n°3 en ut min op 101 : 2. Presto non assai

Interprètes Eric Le Sage, Francois Salque, Pierre Fouchenneret

Album Brahms : Intégrale musique de chambre / Volume 8 : Trios pour piano et cordes (2020)
Label B RECORDS (502608)

L'équipe

Max Dozolme
Max Dozolme
Max Dozolme
Production
Yassine Bouzar
Réalisation