Richard Strauss (1864-1949) à la Bernese Art Gallery, Berne. Le 26 mars 1947.
Richard Strauss (1864-1949) à la Bernese Art Gallery, Berne. Le 26 mars 1947.
Richard Strauss (1864-1949) à la Bernese Art Gallery, Berne. Le 26 mars 1947. ©Getty - © Getty / Keystone
Richard Strauss (1864-1949) à la Bernese Art Gallery, Berne. Le 26 mars 1947. ©Getty - © Getty / Keystone
Richard Strauss (1864-1949) à la Bernese Art Gallery, Berne. Le 26 mars 1947. ©Getty - © Getty / Keystone
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Résumé

Richard Strauss savait-il en 1948 que ces quatre lieder étaient ses dernières compositions ? Quoiqu'il en soit, ceux-ci signent la fin d'une époque musicale...

En savoir plus

Chant d'adieu ou chant d'espoir ?

Richard Strauss ne savait peut-être pas qu’il composait ses quatre derniers lieder au 1948. Mais peut-être se doutait-il qu’il composait ses dernières oeuvres,  il a cessé de donner des numéros d'opus à ses oeuvres depuis qu'il a achevé son dernier opéra Capriccio en 1941. Pour comprendre ses derniers morceaux, il faut remonter quelques années en arrière. Strauss s'est exilé en Suisse depuis octobre 1945. Après avoir été interdit de voyager par le gouvernement nazi vers la fin de la guerre, il a été autorisé par les Américains à quitter sa villa de Garmisch près de Munich, où il était confiné. Jusqu'en mai 1949, il va vivre avec son épouse Pauline à Montreux, dans 3 chambres du Montreux-Palace, faisant de fréquents petits voyages dans le pays, à Baden, Ouchy, Lugano, Pontresina, Zürich…
Le 3 avril 1946, Richard Strauss copie dans son carnet d'esquisses un poème de Joseph von EichendorffIm Abendrot. Si l'oeuvre paraît insouciante, pourtant Strauss, aux côtés de son épouse Pauline, a traversé beaucoup d'épreuves depuis de nombreuses années, tout comme le couple du poème d'Eichendorff, I**m Abendro. Si Im Abendrot évoque un couple qui a traversé main dans la main aussi bien les détresses que les joies, Ruhe meine Seele se concentre sur les détresses. 
L'après-guerre n'a pas encore refermé les blessures qui remontent à 1933. Pour Strauss, c'est le moment où il n'a pas réussi à prendre la mesure de ce qui se passait en Allemagne. Il n'a pas cru au régime totalitaire qui s'annonçait, il n'a pas réalisé qu'il y avait là l'assassinat programmé de millions de Juifs, il a pensé qu'en ménageant le pouvoir en place, il pourrait faire quelque chose pour la musique allemande, la grande tradition de la musique allemande et de l'opéra allemand, dont il se sent être le dernier représentant.
En fait, Strauss n'a rien compris à ce qu'il se passait, il n'a eu aucun sens politique. Un de ses biographes parle à ce propos "d'inertie intellectuelle" : il s'est compromis au début du régime nazi, par opportunisme et naïveté, en acceptant d'être en quelque sorte le compositeur le plus en vue du troisième Reich, mais petit à petit sa position n'a plus été tenable et il s'est trouvé assigné à résidence à Vienne d'abord puis dans sa maison de Garmisch à la fin de la guerre. Mais en 1948, il rêve sans doute de jours meilleurs. Au cours de l'été, en villégiature dans le petit village de montagne Pontresina, au Sud-est de la Suisse, il s'attaque à un premier poème de Hesse Frühling...

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Programmation musicale

Richard Strauss (1864-1949)
Vier letzte Lieder (achevé à Pontresina le 18 juillet 1948) Frühling 
Kirsten Flagstad, soprano, Philharmonia Orchestra, direction Wilhelm Furtwängler (enregistrement de la création le 22 mai 1950 à Londres)
Pristine audio PASC407

Richard Strauss (1864-1949) / Joseph von Eichendorff (1788-1857)
Vier letzte Lieder (1948) (terminé à Montreux, le 4 mai 1948) Im Abendrot 
Orchestre Philharmonique de Berlin, direction Herbert von Karajan
DGG 423888-2

Richard Strauss (1864-1949) / Joseph von Eichendorff (1788-1857)
Vier letzte Lieder (terminé à Montreux, le 4 mai 1948) Im Abendrot 
Soile Isokoski, soprano, Orchestre de la radio de Berlin, direction Marek Janowski
Ondine ODE 982-2

Richard Strauss (1864-1949)
Duett-Concertino (1947) III. Allegro ma non troppo Paul Meyer, clarinette, Knut Sonstevold, basson, Orchestre de Chambre de Stockholm, direction Esa Pekka Salonen
CBS MK 44702

Richard Strauss (1864-1949) / Karl Friedrich Henckell (1864 - 1929)
Ruhe, meine Seele op 27 n°1 (1894 - orchestration juin 1948) 
Soile Isokoski, soprano, Orchestre de la radio de Berlin, direction Marek Janowski
Ondine ODE 982-2

Richard Strauss (1864-1949) / Hermann Hesse (1877-1962)
Vier letzte Lieder (achevé à Pontresina le 18 juillet 1948) Frühling 
Soile Isokoski, soprano, Orchestre de la radio de Berlin, direction Marek Janowski
Ondine ODE 982-2

Richard Strauss (1864-1949) / Hermann Hesse (1877-1962)
Vier letzte Lieder (achevé à Montreux le 20 septembre 1948) September 
Soile Isokoski, soprano, Orchestre de la radio de Berlin, direction Marek Janowski
Ondine ODE 982-2

Richard Strauss (1864-1949) / Hermann Hesse (1877-1962)
Vier letzte Lieder (achevé à Pontresina le 4 août 1948) Beim Schlafengehen 
Soile Isokoski, soprano, Orchestre de la radio de Berlin, direction Marek Janowski
Ondine ODE 982-2

Richard Strauss (1864-1949) / Joseph von Eichendorff
Vier letzte Lieder (terminé à Montreux, le 4 mai 1948) Im Abendrot 
Soile Isokoski, soprano, Orchestre de la radio de Berlin, direction Marek Janowski
Ondine ODE 982-2