France Musique
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Résumé

Deux parutions de Keith Jarrett chez ECM : « No End » aujourd'hui et, en avant-première, la réédition de l'intégralité « Concerts, Bregenz/München » (parution le 25 novembre).

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♦ ** « No End » paraît aujourd'hui chez ECM**, où Keith Jarrett est **poly-instrumentiste ** : guitares électriques, basse Fender, batterie, tablas, percussions, flûte à bec, piano... Ce disque a été enregistré en 1986 dans le studio que Keith Jarrett a aménagé dans la grange attenant à sa maison isolée dans la campagne du New Jersey. Keith a procédé comme il le fit pour "Spirits", le double album enregistré en 1985 et qui est son disque préféré : il y joue de toutes sortes d'instruments et quasiment pas de piano. Pour retrouver l'état où la musique ne passe pas par le savoir ou la virtuosité, mais où le musicien est un simple conducteur, au sens physique du terme, de la musique qui le traverse : une attitude, presque une éthique, sur laquelle Jarrett a plusieurs fois insité au cours d'entretiens.

Dans ses notes de livret, il décrit comment les choses se sont passées :
Le Studio: câbles et cordons partout. Une batterie dans un coin. Des tablas, parmi d’autres instruments de percussion de toutes sortes éparpillés dans la pièce. Une magnifique guitare Gibson solid-body d’un rouge profond se tenait bien droite sur son support aux côtés d’une basse Fender classique en bois blond — tous deux faisant face à une chaise d’un même bois blond, directement à l’opposé de la batterie. Les tablas étaient posés sur mon Steinway. Les pieds de micro étaient disposés face aux guitares, supportant (si j’en crois mes connaissances en la matière) un micro stéréo Neumann, et si je me souviens bien un micro identique était sur une perche au dessus des tablas. Tous les autres instruments à percussion étaient disposés dans la pièce de façon à ce que je puisse les utiliser selon l’endroit où je me trouvais et selon le volume sonore que je pouvais me permettre et j’ai dû faire pas mal d’essai avant de trouver les bons emplacements en phase avec mes intuitions. Mon studio est très petit, si bien que je ne pouvais pas du tout bouger la batterie, ni même les micros pendant que je jouais de la batterie.[...]
Il n’y a jamais eu, à ma connaissance, de préméditation ou d’ambition “compositionnelle“ (au sens classique du terme) dans ce projet. Je me suis laissé aller à mes humeurs à partir d’idées de rythme, d’une ligne de basse, ou d’une simple mélodie. Mais rien n’était écrit. Les amorces de morceaux et leurs conclusions ont parfois été la source de beaucoup de tâtonnement, et d’autres fois sont venues de façon incroyablement intuitive
.[...]"

♦ Si le concert de Bregenz avait déjà fait l’objet d’une réédition en CD par le passé, et si par ailleurs Jarrett en personne avait choisi quelques extraits de son concert de Munich dans son anthologie : "rarum" parue en 2002, cette réédition propose pour la première fois de retrouver sur CDl’intégralité du concert de Munich.
Après avoir fait paraître successivement quelques disques majeurs rendant compte sur le vif de l’évolution de son travail en solo (“Bremen/Lausanne” en 1973, “The Köln Concert” en 1975 et les épiques “Sun Bear Concerts” de la tournée japonaise de 1976), Jarrett portait ici à un** point culminant** son esthétique si particulière, en une musique extraordinaire de complexité et d’ouverture. Réunissant deux concerts improvisés, le premier enregistré en Autriche au Festspielhaus Bregenz (le 28 mai 1981), le second en Allemagne à la Herkulessaal der Residenz de Munich (le 2 juin 1981) — ce coffret de trois disques peut être considéré comme le sommet de la première période de musique solo de Jarrett.

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L'équipe

Alex Dutilh
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Production
Emmanuelle Lacaze
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Collaboration
Fabien Fleurat
Fabien Fleurat
Fabien Fleurat
Réalisation