Paul Bley
Paul Bley
Paul Bley ©Getty - Tom Copi
Paul Bley ©Getty - Tom Copi
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Résumé

Cette semaine, cinq bandes son de leur époque. Cinq albums enregistrés qui bousculèrent l’ordre établi. On sortait des années exploratoires du free jazz et les révolutions musicale les plus conséquentes n’étaient vraiment pas là où on les attendait.

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Au sommaire aujourd'hui

  • Paul Bley à la Une

Jazz agenda : Jazz Agenda (semaine du 17 au 23 janvier 2022)

Jazz Trotter : Jazz Trotter : Jazz Station Big Band - Moods

Jazz Bonus : Jazz Bonus : Nishla Smith - Friends With Monsters

50 ans aprèe
50 ans aprèe

🎷 Première avancée, la revendication d’une autonomie artistique du Tiers-Monde vis-à-vis de la norme étasunienne : le « Bolivia » de Gato Barbieri poursuit l’aventure amorcée par « The Thirld World » en 1969. Gato l’Argentin dessine une géographie du « pueblo unido jamas sera vencido » : un axe Cuba, Brésil, Bolivie, Argentine… Les bretons, les norvégiens et les sardes n’auront plus de complexes.

En savoir plus : Gato Barbieri : « Bolivia », 50 ans après

🎹 Seconde percée, la révolution intérieure, celle des sentiments, à contre-sens total des revendications sociétales. Quand Paul Bley enregistre un frissonnant « Open to Love » en solitaire, on croit rêver : lui l’un des acteurs de la « révolution d’octobre » du jazz new-yorkais huit ans plus tôt, lui qui libéra le trio piano-contrebasse-batterie de tous les carcans rythmiques ou harmoniques ! Et voilà qu’il ouvre un boulevard aux piano-solos de Keith Jarrett.

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Dans sa série ecmreviews.com, Tyran Grillo écrit :

« Dans la foulée du diptyque de Chick Corea pour ECM, et certainement pas en reste, Paul Bley propose ce très grand moment de piano solo. Faute d'une meilleure analogie : si les improvisations de Corea ressortaient d’un grand dîner de famille, l’approche de Bley en serait la tarte au citron meringuée du dessert. Chaque plage ne raconte pas tant une histoire qu'elle essaie de nous faire savourer ses détails les plus fins. Paul Bley semble parfois annoncer Keith Jarrett (ou est-ce l'inverse ?), car parfois sa voix se glisse avec un clin d’œil à l'exubérance de ce dernier. Il pince et gratte directement les cordes à l'intérieur du piano sans en abuser et avec tact, ajoutant un fine touche métallique à son jeu foncièrement cristallin. Bley cajole nos oreilles bienveillantes et nous donne envie de plus de ses sons doux. L'album ne semble jamais s'égarer, même si les mélodies linéaires sont parfois difficiles à repérer. Ces pièces sont bouleversantes de sincérité et sa version du Ida Lupino" de Carla Bley est sublime. »

🎺 Troisième tremblement de terre, l’éruption d’un ovni annoncé un peu plus tôt par « Bitches Brew ». Cette fois, avec « On the Corner », Miles Davis ne se contente pas d’électrifier le propos, il concocte un cocktail explosif, une fusion au plein sens du terme où Sly Stone et James Brown sont aussi influents que Karlheinz Stockhausen et Ornette Coleman. C’est rugueux, sale, insolent, rebelle. Désormais le funk ne quittera plus le Prince des Ténèbres.

En savoir plus : Miles Davis : « On the Corner », 50 ans après

🎹 Quatrième saut dans l’inconnu, l’un des albums les plus ambitieux et méconnus de Keith Jarrett : « Expectations ». Son titre est pourtant explicite, « les attentes ». Jarrett y augmente son brillant quartet américain d’une guitare, de percussions et surtout d’un ensemble de vents et de cordes. L’écriture bouscule les frontières esthétiques, le jeu des solistes est un ballet de feux follets. Rassemblant toutes les pièces de son puzzle, Jarrett propose paradoxalement une tabula rasa excitante.

En savoir plus : Keith Jarrett : « Expectations », 50 ans après

🎹 Dernier volet, l’irruption de continents lointains, avec leurs instruments et leur propre spiritualité, dans l’univers afro-américain. C’est l’ancien pianiste du Coltrane mystique qui s’y colle, McCoy Tyner, avec « Sahara », son premier album chez Milestone. Il y joue du koto, de la flûte, des percussions et s’inspire de mélopées africaines et de couleurs japonisantes. En se décentrant, le jazz retrouve une raison d’être et légitime son universalité. Jazzmen de tous les pays, réunissez-vous…

En savoir plus : McCoy Tyner : « Sahara », 50 ans après

Références

Programmation musicale

18h07
Ida Lupino
Ida Lupino
Paul Bley
Ida Lupino

Interprètes Carla Bley., Paul Bley (piano)

Album Open, to Love (1973)
Label ECM (827751-2)
18h16
Harlem
Harlem
Paul Bley
Harlem

Interprètes Paul Bley., Paul Bley (piano)

Album Open, to Love (1973)
Label ECM (827751-2)
18h21
Open, to Love
Open, to Love
Paul Bley
Open, to Love

Interprètes Annette Peacock., Paul Bley (piano)

Album Open, to Love (1973)
Label ECM (827751-2)
18h29
Georgian Mood
Georgian Mood
Macha Gharibian
Georgian Mood

Interprètes Macha Gharibian., Macha Gharibian (piano, Fender, claviers), Dré Pallemaerts (batterie), Chris Jennings (contrebasse)

Album Joy Ascension (2019)
Label Meredith / Rue Bleue (BLC19014CD)
18h34
Dolce
Dolce
David Aubaile & Frédéric Deville
Dolce

Interprètes Frédéric Deville., David Aubaile (piano), Frédéric Deville (violoncelle)

Album Dolce Ostinato (2021)
Label Tchaï (TCHCD003)
18h36
The sidewinder
The sidewinder
Cecil L. Recchia
The sidewinder
Album Play blue (2021)
Label HARPO
18h40
Lya
Lya
Yonathan Avishai
Lya

Interprètes Yonathan Avishai., Yonathan Avishai (piano), Yoni Zelnik (contrebasse), Donald Kontomanou (batterie)

Album Joys and Solitudes (2018)
Label ECM (6751624)
18h44
Fire
Fire
Samy Thiébault
Fire

Interprètes Samy Thiébault., Samy Thiébault (saxophone ténor), Brian Lynch (trompette), Eric Legnini (piano éléctrique), Manuel Valéra (piano), Jose Gola (basse), Yunior Terry (contrebasse), Dafnis Prieto (batterie), Anne Cecile Cuniot (flute), Hélène Gueuret (hautbois), Camille Lebrequier (cor), Cécile Hardouin (basson), Bastien Stil (tuba), Cesar Poirier (clarinette), Clara Abou (violon)

Album Awé ! (2021)
Label GAYA MUSIC PRODUCTION
18h48
A Mood
A Mood
Jazz Station Big Band
A Mood

Interprètes Steven Delannoye., Stéphane Mercier (saxophone alto, flûte, direction artistique), Daniel Stokart (saxophones, flûte), Steven Delannoye (saxophone ténor), Vincent Brijs (saxophone baryton), Loïc Dumoulin (trompette, bugle), Pauline Leblond (trompette, bugle), Jean-Paul Estiévenart (trompette, bugle), Peter Delannoye (trombone), David De Vrieze (trombone), Bart De Lausnay (trombone basse), François Decamps (guitare), Vincent Bruyninckx (piano, claviers), Boris Schmidt (contrebasse), Toon Van Dionant (batterie)

Album Moods (2021)
Label Hypnote (HR020)
18h52
Friends With Monsters
Friends With Monsters
Nishla Smith
Friends With Monsters

Interprètes Nishla Smith., Nishla Smith (voix), Aaron Wood (trompette), Richard Jones (piano), Joshua Cavanagh-Brierley (contrebasse), Johnny Hunter (batterie, percussions)

Album Friends With Monsters (2021)
Label Whirlwind (732871)

L'équipe

Alex Dutilh
Alex Dutilh
Alex Dutilh
Production
Emmanuelle Lacaze
Emmanuelle Lacaze
Emmanuelle Lacaze
Collaboration
Fabien Fleurat
Fabien Fleurat
Fabien Fleurat
Réalisation