Peg Carrothers - Maxim François
Peg Carrothers - Maxim François
Peg Carrothers - Maxim François
Publicité
Résumé

La magie du chant brut et de la voix délicate de Peg Carrothers dans “Beyond the Blue Horizon” qui paraît chez VIsion Fugitive. Un partenariat France Musique.

En savoir plus

Au sommaire aujourd'hui

  • Peg Carrothers à la Une
    10 CD à gagner en répondant correctement à la question posée par Alex Dutilh. Cliquez sur "contactez-nous" et laissez vos nom, prénom et adresse postale COMPLETE. 1 CD pour les 10 premières bonnes réponses. Bonne chance !

En 2001, lors de la parution de son premier album, “Blue Skies”, enregistré deux ans plus tôt avec une poignée de musiciens issus de la scène jazz de Minneapolis et dirigés par son mari, un certain Bill Carrothers, en passe alors de s’imposer comme l’un des pianistes les plus subtils et raffinés de sa génération, Peg Carrothers se présentait de cette façon : “Nous vivons actuellement dans la péninsule supérieure du Michigan avec deux enfants, un chat et un poisson rouge… La musique est ce que j’ai de plus précieux dans la vie pour supporter ce monde de fous…

« Beyond The Blue Horizon »
« Beyond The Blue Horizon »

Vingt années ont passé et les choses sont peu ou prou les mêmes. Le couple vit toujours à Mass City, à quelques encablures du Lac Supérieur. Les enfants ont grandi…D’autres chats, d’autres chiens sont venus peupler la maison. Bill est devenu un maître incontesté du piano jazz contemporain. Peg, 55 ans désormais, ne fera jamais de la musique son métier…

Publicité

Certes, plusieurs disques ont paru, ça et là, dans l’intervalle. Un second sous son nom, “Edges of my Mind”, publié en 2014 par le label Vision Fugitive. Et une poignée d’autres en compagnie de Bill (“Armistice 1918” (2004), “Playday” (2008), “Sunday Morning” (2013)) ou du violoncelliste Matt Turner (“The Voices that are Gone” paru en 2009 et consacré au répertoire du grand compositeur américain Stephen Foster). Mais fondamentalement Peg Carrothers est restée la même. Unique. Intemporelle. Incomparable.

55 min

Une artiste totalement inassimilable à quelque mouvement esthétique relevant spécifiquement de notre pseudo-modernité “globalisée”. Totalement actuelle de ne jamais chercher à se conformer. Comme si finalement, profondément ancrée dans son Amérique intérieure, vaste territoire tout à la fois géographique, idiomatique, culturel et imaginaire, Peg, depuis son plus jeune âge à l’église ou dans les réunions de famille, ne savait faire autrement que chanter ce qu’elle vit, comme elle vit, là où elle vit, pour elle-même et les siens, inscrivant sa voix au présent dans le prolongement “naturel” de toutes celles qui avant elle auront emprunté et traversé les mêmes chansons, et tirant sa profonde originalité d’une sorte d’effacement égotique dans ce grand choeur/corps collectif… Car c’est là sans doute son paradoxe le plus riche et fécond, rien d’autarcique, d’étroitement communautaire ou d’ostensiblement passéiste ne vient jamais limiter la portée universelle de cette “musique domestique”, traversée à sa manière par le temps qui passe et le brouhaha du monde…

Ce nouveau disque, “Beyond The Blue Horizon”, qui paraît chez Vision Fugitive, enregistré à Minneapolis en compagnie toujours de la même équipe de musiciens (Bill Carrothers au piano, Dean Magraw à la guitare et Billy Peterson à la contrebasse), en est, une fois encore, la magistrale illustration. Puisant comme à l’accoutumée dans le vaste répertoire de son patrimoine, de sa mémoire et de ses goûts, Peg Carrothers y concocte avec une folle liberté un programme extraordinairement cohérent sous ses allures disparates — réunissant une poignée de standards de jazz des années 30 et 40 (Sweet and Lovely, Dream, Moonglow…) ; quelques pépites issues du Great American Songbook (Beyond The Blue Horizon ou encore Happy Days Are Here Again, mélodie tirée d’une comédie musicale de la fin des années 20 devenue en 1932 la chanson fétiche de la campagne présidentielle de Roosevelt…) ; deux ballades pop magistralement réinventées (I’ll Stand By You de Chrissie Hynde et Right When It Belongs de Trent Reznor, leader du groupe Nine Inch Nails !) et une magnifique chanson originale composée par Bill Carrothers autour d’un texte du poète russe Konstantin Simonov (Wait For Me).

Comme constamment “mise à distance” par la grâce spectrale et onirique d’arrangements minimalistes d’une grande sophistication, la voix diaphane, éthérée, détachée de Peg Carrothers s’insinue dans les méandres et replis de ces thèmes faussement simples pour en offrir des interprétations troublantes, ouatées, pleines de langueurs et de lenteurs hallucinées, ouvrant sans ostentation ni effets grandiloquents quelques perspectives fugaces sur l’“envers du décor” du rêve américain, à la manière oblique des films de David Lynch.

C’est toute la magie du chant brut et sophistiqué de Peg Carrothers que d’agir face à ce “monde de fous” avec lequel faire et composer, à la fois comme une mise à nu et une conjuration…
Stéphane Ollivier

Où écouter Peg Carrothers

  • A Paris (75) le 4 juillet à 21h au Sunside
Références

Programmation musicale

  • 18h08
    Sweet and Lovely
    Sweet and Lovely
    Peg Carrothers
    Sweet and Lovely

    Gus Arnheim. (Compositeur), Charles N. Daniels. (Compositeur), Harry Tobias. (Compositeur), Peg Carrothers (voix), Bill Carrothers (piano), Dean Magraw (guitare), Billy Peterson (contrebasse)

    Album Beyond the blue horizon (2019)
    Label VISION FUGITIVE
  • 18h16
    Dream
    Dream
    Peg Carrothers
    Dream

    Johnny Mercer. (Compositeur), Peg Carrothers (voix), Bill Carrothers (piano), Dean Magraw (guitare), Billy Peterson (contrebasse)

    Album Beyond the blue horizon (2019)
    Label VISION FUGITIVE
  • 18h21
    Spring Can Really Hang You Up The Most
    Spring Can Really Hang You Up The Most
    Radka Toneff
    Spring Can Really Hang You Up The Most

    Tommy Wolf. (Compositeur), Fran Landesman. (Compositeur), Radka Toneff (voix), Steve Dobrogosz (piano), Arild Andersen (contrebasse), Alex Riel (batterie)

    Album Live in Hamburg (2016)
    Label Odin (ODINCD9552)
  • 18h29
    Lovers Live
    Lovers Live
    Natalie Sandtorv
    Lovers Live

    Natalie Sandtorv. (Compositeur), Natalie Sandtorv (voix), Mathias Holm Jørgensen (piano, synthétiseur, effets), Jonas Flemsæter Hamre (saxophone), Eirik Havnes (guitare), Ole Mofjell (batterie)

    Album Freedom Nation
    Label Øra Fonogram (OF126)
  • 18h36
    How About
    How About
    Bobby Jaspar
    How About

    Bobby Jaspar. (Compositeur), Bobby Jaspar (saxophone ténor), Henri Renaud (piano), Pierre Michelot (contrebasse), Pierre Lemarchand (batterie)

    Album Early Years, From Be-Bop to Cool, 1947-51 (2019)
    Label Fresh Sound (FSRCD977)
  • 18h39
    Thin-King
    Thin-King
    Rez Abbasi
    Thin-King

    Rez Abbasi. (Compositeur), Rez Abbasi (guitare), Rudresh Mahanthappa (saxophone alto), Vijay Iyer (piano), Elizabeth Mikhael (violoncelle), Johannes Weidenmueller (contrebasse), Dan Weiss (batterie)

    Album Unfiltered Universe (2017)
    Label Whirlwind (WR4713)
  • 18h46
    Ilex
    Ilex
    Amaury Faye
    Ilex

    Amaury Faye. (Compositeur), Amaury Faye (piano), Louis Navarro (contrebase), Théo Lanau (batterie)

    Album Live in Brussels (2018)
    Label HYPNOTE RECORDS (HR008)
  • 18h50
    Black & Tan Fantasy, Loveless Love / L'écume des jours
    Black & Tan Fantasy, Loveless Love / L'écume des jours
    D. Ellington, B. Miley, W. C. Handy / Boris Vian (Compositeur)
    Black & Tan Fantasy, Loveless Love / L'écume des jours

    , Duke Ellington, François Morel

    Label Lire en Jazz
  • 18h54
    Vivo sonhando
    Vivo sonhando
    Virginie Daide
    Vivo sonhando

    Pierre-Olivier Govin, Tom Harrell, Leonida Fava, Luca Fattorini, Antonio Carlos Jobim

    Album Dream Jobim (2019)
    Label DSY PARIS

L'équipe

Alex Dutilh
Alex Dutilh
Alex Dutilh
Production
Emmanuelle Lacaze
Emmanuelle Lacaze
Emmanuelle Lacaze
Collaboration
Fabien Fleurat
Fabien Fleurat
Fabien Fleurat
Réalisation