Jean-Sébastien Bach - Edwin Fischer  ©Getty
Jean-Sébastien Bach - Edwin Fischer ©Getty
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Résumé

Le pianiste suisse Edwin Fisher (1886-1960) fonde son propre orchestre de chambre qu’il dirige du piano et avec lequel il interprète les concertos pour clavier de Bach. Il est le premier pianiste à enregistrer au disque l’intégralité des deux cahiers du "Clavier bien tempéré" (EMI, années 1930).

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♫ Jean-Sébastien Bach
Prélude en ut dièse mineur BWV 849
Edwin Fischer, piano
Disque : Tacet 181 (2010)

« L’œuvre de Bach parle à tous, même à celui qui n’est pas musicien. Une comparaison peut nous le faire comprendre. Il est des instants dans la vie, où se détache de nous tout ce qui est extérieur, apparence, artifice. En de tels instants, nous expérimentons la vie comme un événement de la nature et nous ressentons ses motifs éternels naissance, sommet de la volupté, abîme de la douleur, mort. C’est le sentiment d’un destin contre lequel nous ne pouvons rien, pauvres hommes ! C’est comme si la sève de la vie sourdait à présent de l’arbre que nous sommes, – elle n’a pas un goût de douceur, elle n’est pas enivrante, elle est rude et amère et cependant pleine d’arôme. Ce qui est merveilleux en elle, c’est sa force, – et cette force est la vérité. La musique de Bach a ce goût-là ; c’est toujours la vérité, l’authenticité, vraie celle-là, qui fait la beauté et l’efficacité de ses créations. C’est le Logos, le sens ultime de tout être qui prend corps dans son œuvre. 

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Comment un seul homme a-t-il pu créer des choses aussi vastes, aussi définitives, aussi détachées du temps ? 

Tout d’abord son arbre de vie plongeait profondément ses racines dans le passé. Bach assembla à travers trois générations tout ce qui lui parut substantiel, sain et utile. Sa souche s’est ainsi raffermie et fortifiée. Puis, conduit par une seule étoile, la religion, il s’est donné tout entier à la vie. La nature et les hommes, les temps de souffrance et les temps de joie, se reflètent dans ses œuvres qu’il créa avec l’authenticité et la certitude supérieure d’un homme dont le regard domine tout. D’être aussi profondément enracinées, inébranlables à l’intérieur et cependant ouvertes à la vie haute en couleurs, – c’est cela qui fait la clarté des œuvres de Bach et tout de même aussi leur caractère de parabole. »

Source : Edwin Fischer, Considérations sur la Musique, traduit de l’allemand par Charles-Marie de Boncourt, Paris, Editions du Coudrier, 1951, p. 48-50.

Edwin Fischer, Considérations sur la Musique, Editions du Coudrier, 1951
Edwin Fischer, Considérations sur la Musique, Editions du Coudrier, 1951
Le Bach du dimanche du dimanche 06 mai 2018 : Le Bach du dimanche du dimanche 06 mai 2018
1h 58
Références

Programmation musicale

  • 07h52
    Fantaisie en Sol Maj BWV 572 - pour orgue
    Fantaisie en Sol Maj BWV 572 - pour orgue
    JEAN SEBASTIEN BACH (Compositeur)
    Fantaisie en Sol Maj BWV 572 - pour orgue

    , PIERRE MEA

    Album Orgues de Malte
    Label AD VITAM RECORDS
  • 07h57
    Le clavier bien tempéré BWV 846 à 869 Livre I : Prélude et fugue en ut dièse min BWV 849 : Prélude
    Le clavier bien tempéré BWV 846 à 869 Livre I : Prélude et fugue en ut dièse min BWV 849 : Prélude
    JEAN SEBASTIEN BACH (Compositeur)
    Le clavier bien tempéré BWV 846 à 869 Livre I : Prélude et fugue en ut dièse min BWV 849 : Prélude

    , EDWIN FISCHER

    Album Edwin Fischer today playing all his 1923 or 1909 interpretations (2010)
    Label TACET

L'équipe

Corinne Schneider
Corinne Schneider
Sandrine Dalmar
Collaboration
Laurent Lefrançois © okarinamusique.com
Laurent Lefrançois © okarinamusique.com
Laurent Lefrançois
Réalisation