Le département de musiques traditionnelles basques à Bayonne
Le département de musiques traditionnelles basques à Bayonne - Suzanne Gervais
Le département de musiques traditionnelles basques à Bayonne - Suzanne Gervais
Le département de musiques traditionnelles basques à Bayonne - Suzanne Gervais
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La musique traditionnelle a le vent en poupe ! A Bayonne, le conservatoire Maurice-Ravel a relancé l’activité de son département de musiques basques. Cours d’instruments régionaux, et redécouverte du répertoire local, c'est un reportage de Suzanne Gervais.

C’est un mercredi après-midi comme les autres au conservatoire Maurice-Ravel de Bayonne : il est dix-huit heures et Marie Bidart, professeure de musiques et chant traditionnel accueille les grands élèves du cours de musiques basques, ceux qui espèrent intégrer en juin prochain le cycle spécialisé de musique traditionnelle. « J’ai trois élèves cette année : un élève en txitsu, flûte à trois trous, un élève en triki, un accordéon diatonique présent ici au Pays basque, et la troisième élève qui n’est pas dans un cycle de musique traditionnelle à proprement parler mais qui est en accordéon, cette fois-ci chromatique. Elle a décidé de faire la pratique collective avec nous. Ces trois élèves étant bascophones, cela a été une volonté de l’établissement, dès que cela est possible, de pouvoir proposer les cours en basque ! Donc c’est le cas sur ce cours. » En effet, les trois élèves, accordéons, flûtes et tambours posés sur les tables, parlent couramment l’euskara avec leur professeure.

Un intérêt croissant des jeunes

Rennes, Lorient, Marseille, Clermont-Ferrand, Toulouse, Ajaccio… Nombreux sont les conservatoires à avoir ouvert ou étoffé leur département de musiques traditionnelles, des dernières années, proposant un enseignement centré autour des musiques régionales et de leurs instruments. Des cursus où la pratique collective est centrale et qui attirent de plus en plus d’élèves : enfants, adolescents et adultes.

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Avec plus de 22 000 habitants supplémentaires depuis 2021, le pays basque est devenu l’une des régions les plus attractives de France, notamment depuis la pandémie. Une explosion démographique qui va de pair avec une revendication grandissante de la « basquitude » et, en premier lieu, du folklore régional. Pour les élèves qui souhaiteraient se professionnaliser et se spécialiser, les débouchés existent et Marie Bidart insiste sur l’intérêt des jeunes pour la musique basque : « Les élèves qui arrivent chez nous en troisième cycle ont la possibilité soit d’aller soit dans un cycle amateur, soit dans un cycle professionnel. C’est vrai qu’en musique, à Bayonne, on a la chance de proposer des diplômes : le Diplôme d’Etat (DE) en musiques traditionnelles et le Certificat d’aptitude (CA) en musiques traditionnelles, deux diplômes qui permettent d’enseigner et d’avoir un débouché professionnel pour ces élèves qui souhaiteraient continuer sur cette dynamique. »

Les élèves du département de musiques traditionnelles basques
Les élèves du département de musiques traditionnelles basques
- Suzanne Gervais

Les élèves du département de musiques traditionnelles suivent ainsi une formation pluridisciplinaire qui mêle cours d’instruments, de culture musicale et même de danse. Tout l’enjeu de l’enseignement de ces musiques régionales, à Bayonne comme ailleurs, est ainsi d’associer tradition et création, héritage historique et vitalité des pratiques. Un chassé-croisé entre passé et présent qui est primordial pour Marie Bidart : « Aujourd’hui la tradition est en mouvement, elle bouge ; c’est aussi pour cela que c’est attractif pour les jeunes, de se sentir à la fois dans une transmission, un patrimoine, un territoire, une culture, et en même temps d’être dans quelque-chose où chacun peut amener son emprunte, sa richesse par rapport à qui il est. »

Débouchés et occasions de jouer

Ekain Cachenaut a 16 ans, il étudie le txitsu depuis qu’il est petit et vient d’intégrer le département. « Le choix d’un instrument traditionnel n’est pas forcément commun, même si au Pays basque on en voit partout, que ce soit dans les fêtes, dans les mariages… dans tout type de rassemblement on a nos instruments qui sont joués donc depuis tout petit on les écoute, on les savoure ! »

Auditions, concerts, festivals et fêtes de villages : reste maintenant pour le département à donner l’occasion à ses jeunes talents de se faire entendre et de jouer en public, le nerf de la guerre pour leur professeure. « Pour les musiques traditionnelles, on a une grande chance, c’est qu’on a énormément de possibilités, de manifestations, pour se produire et amener les élèves à jouer devant un public, se réjouit Marie Bidart. Au sein du conservatoire on essaie de faire participer les élèves aux événements qui sont proposés par d’autres disciplines, que ce soient d’autres musiciens liés à la musique savante, mais aussi les danseurs et, je l’espère, plus tard, le théâtre ! »

Et dans une salle voisine, cours de danse basque bat son plein. Chaque semaine, les deux cours se rejoignent et les musiciens donnent le La aux danseurs.