Fermeture de salles a rimé avec perte totale de revenus pour la plupart des ouvreurs et ouvreuses.
Fermeture de salles a rimé avec perte totale de revenus pour la plupart des ouvreurs et ouvreuses.
Fermeture de salles a rimé avec perte totale de revenus pour la plupart des ouvreurs et ouvreuses. ©AFP - Annette Riedl
Fermeture de salles a rimé avec perte totale de revenus pour la plupart des ouvreurs et ouvreuses. ©AFP - Annette Riedl
Fermeture de salles a rimé avec perte totale de revenus pour la plupart des ouvreurs et ouvreuses. ©AFP - Annette Riedl
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Résumé

Ce sont les premiers que l'on croise à chaque concert ou spectacle : les ouvreurs et ouvreuses exercent un métier fragile, notamment en période de crise sanitaire. Avec les fermetures des salles de concert et de spectacle, tous ou presque ont perdu leurs contrats, et donc tous leurs revenus.

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Comme dans de nombreux métiers, il y a deux situations chez les ouvreurs. D'un côté ceux pour qui cette activité est un boulot à plein temps, comme pour les hôtes de l'Opéra de Paris, qui sont pour beaucoup en CDI. Et puis il y a ceux pour qui ouvreur est un job étudiant, et qui ont perdu, avec les fermetures de salles, tous leurs contrats d'intérim. À Lyon, les ouvreurs ont eu un peu de chance, car ils ont conservé une grande partie de leurs revenus. Comme l'explique Julien Cavagni, responsable du service accueil de l'opéra : « Pendant ces périodes, ils ont continué à percevoir 100 % de leur salaire de base. Ce à quoi s'ajoutent d'habitude différentes primes, d'horaires de soirée ou des visites. Puisque certains agents d'accueil de l'opéra assurent les visites du bâtiment. C'est surtout sur ces heures de guide qu'ils ont perdu, car elles ne sont pas comptées dans les contrats, et donc n'étaient pas prises en compte dans le cadre de l'activité partielle. »

Du jour au lendemain, un salaire à zéro

Mais tous, dans ce milieu, n'ont pas eu la chance de conserver une partie de leur rémunération. Les CDD et les intérimaires, eux, ont tout perdu, du jour au lendemain. Shady est désormais à la tête d'une équipe d'ouvreurs pour le compte de l'agence Marianne. Elle se souvient de cas d'hôtes, dans son entourage, mis en difficulté par la crise. «  Il n'arrivait plus à payer son loyer, tout simplement car c'était son seul revenu. En travaillant ici, il est possible de gagner entre 900 et 1000 euros par mois en moyenne. Ce qui représente un loyer. Et en cas de fermeture, un loyer de perdu… »

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C'est ce qui s'est produit pour Camille, comédienne et chanteuse. Durant ses études en école de comédie-musicale, elle était ouvreuse. « Je travaillais en théâtre avant le premier confinement, mon contrat s'est arrêté net avec la fermeture, se souvient-elle. Cette situation s'est produite de nouveau avec les confinements successifs. Entre-temps, j'ai dû trouver un autre travail, durant l'été, en restauration. Là encore, quand les restaurants ont fermé, je me suis retrouvée sans rien. Financièrement, c'était très difficile, pour payer le loyer et les factures. J'ai donc travaillé en tant qu'assistante d'accueil à l'hôpital, qui lui, avait de larges besoins dans le domaine, durant la troisième et quatrième vague. Cela a vraiment été une claque. »

Avec la reprise, les ouvreurs les plus motivés ne boudent pas leur plaisir

Aujourd'hui, Camille travaille comme hôtesse d'accueil à l'Opéra de Paris, à Bastille et Garnier. Elle est tantôt contrôleuse de billets, placeuse, et a même eu la tâche pénible de contrôler les passes sanitaires des spectateurs. Un exercice désormais confié à la sécurité, à l'Opéra. Depuis le début de son contrat avec l'Opéra de Paris, Camille a retrouvé le sourire. Comme elle nous l'explique, que l'on soit en CDD ou CDI, il y a beaucoup plus d'avantages à travailler dans une maison comme l'Opéra de Paris, « car on est syndiqués, on nous propose des contrats plus longs que la simple durée du spectacle, ce qui correspond plus au travail effectif », poursuit la jeune femme.

Une place en CDI, Mélina, 25 ans, l'a toujours refusée. Elle tient à son indépendance et surtout à garder le contrôle sur son agenda, notamment quand elle souhaite être disponible pour d'autres activités, notamment en ce qui concerne ses études. Ouvreuse depuis 2018, avec le Covid, ses contrats ont été annulés. Sans rentrée financière, elle a dû retourner chez ses parents. « Demander à cet âge-là de l'aide à ses parents, ce n'est forcément toujours facile, raconte la jeune étudiante en théâtre. Mais j'ai eu de la chance, car tous n'ont pas pu retomber sur leurs pattes aussi facilement. Je faisais partie des équipes très régulières dans cette activité, en parallèle de mes études. Et d'un coup, avec le Covid, il n'y a plus rien. Donc on se demande si on peut se réorienter, on est toujours dans une remise en question. »

Renoncer aux métiers du spectacle pour plus de stabilité

Mélina a repris son activité d'hôtesse d'accueil, à Radio France, depuis la réouverture des salles. Pour d'autres, en revanche, la pandémie a eu raison de leur envie de poursuivre dans ce domaine. Assez de démotivation pour qu'Alexandra Desmet, directrice de l'agence Cassandra, spécialisée dans l'activité d'hôtes et hôtesses d'accueil, peine parfois à recruter, ces derniers mois. « On a eu moins de personnes qui postulaient, notamment à la rentrée 2021-2022, explique-t-elle. Le fantôme de la pandémie est toujours là, et tout le monde a peur d'une nouvelle vague de la maladie et d'une mise à l'arrêt de toutes les salles, ce qui n'est peut-être pas le cas dans d'autres professions. Ce sont des jobs étudiants qui ne sont plus sûrs. Dans le milieu du spectacle, on est les premiers impactés en cas de vague épidémique, on l'a vu. Cela a donc démotivé de nombreux jeunes qui avaient besoin d'un boulot fixe afin de se payer des études. Cela dit, cela reste un métier de passion, qui continue à attirer. »

« Même si ce sont des CDD d'usage, ces profils sont avec nous sur une saison entière. Ils sont recrutés au mois de septembre, et au fil de l'année, ils enchaînent les CDD avec nous. Comme ils signent des contrats à la journée, lors de la fermeture des salles, ils ne rentraient dans aucun cadre. Aucune aide ne leur a été apportée. Ils ont dû soit trouver un travail, mais pendant le confinement, tout avait fermé… soit retourner chez leurs parents. » - Alexandra Desmet, directrice de l'agence Cassandra.

Et malgré cette fragilité, beaucoup d'ouvreurs n'envient pas leurs collègues de l'Opéra de Paris, qui eux sont en CDI. Car la flexibilité de ces contrats courts a parfois de bons côtés, notamment quand il s'agit d'un boulot d'étudiant.

Références

Programmation musicale

08h08
Symphonie n°31 en Ré Maj K 297 Paris : Allegro
Symphonie n°31 en Ré Maj K 297 Paris : Allegro
Wolfgang Amadeus Mozart
Symphonie n°31 en Ré Maj K 297 Paris : Allegro

Interprètes John Eliot Gardiner

Album Mozart : The new complete edition CD 57
Label Decca (478 9846)

L'équipe

Sofia Anastasio
Production
Clément Buzalka
Production