« Les musiciens d’aujourd’hui doivent aussi être des producteurs, s’ils veulent y arriver »
« Les musiciens d’aujourd’hui doivent aussi être des producteurs, s’ils veulent y arriver »
« Les musiciens d’aujourd’hui doivent aussi être des producteurs, s’ils veulent y arriver » ©Getty - WIN-Initiative/Neleman
« Les musiciens d’aujourd’hui doivent aussi être des producteurs, s’ils veulent y arriver » ©Getty - WIN-Initiative/Neleman
« Les musiciens d’aujourd’hui doivent aussi être des producteurs, s’ils veulent y arriver » ©Getty - WIN-Initiative/Neleman
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Résumé

Pourquoi, et comment lance-t-on son ensemble musical en 2022 ? Quelles sont les difficultés rencontrées quand on démarre son projet musical ? Nous sommes allés à la rencontre des musiciens et musiciennes de La Nef, qui viennent de créer leur formation.

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C’est dans une salle de classe de l’école Georges Lapierre à Argenteuil, pendant la récréation, que nous retrouvons Quentin Cendre-Malinas. S’il fait chanter ce matin de jeunes enfants, il a récemment décidé de créer son propre ensemble, La Nef, pour faire chanter des choristes, adultes cette fois. Le premier concert était en octobre dernier. Il raconte comment cette idée lui est venue :

« C’est le Covid, le confinement, et l’arrêt du travail pendant deux ans qui m’ont convaincu de le faire. J’avais très envie de me pencher sur le répertoire contemporain et de travailler avec des compositeurs vivants. Et j’ai eu la chance d’être entouré par des personnes qui m’ont suivi dans cette aventure. C’est la suite d’un long cheminement et le Covid a fait que ça a pu se réaliser, bizarrement. »

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Une fois l’idée née, il faut donc la concrétiser. Et cela passe par plusieurs étapes nous raconte Benjamin Aguirre Zubiri. Il est membre du collectif, chœur de chambre Septentrion né il y a deux ans, dans les Hauts-de-France :

« Il y a eu toute une étape de prospection des artistes de la région, et donc des auditions. Et puis ensuite, il a fallu penser les répertoires que l’on souhaitait défendre. La ligne artistique de Septentrion c’est d’aller vers les publics qui n’ont pas forcément l’habitude d’aller au concert, et donc on aime proposer à la fois des répertoires classiques de chant choral, mais aussi aller vers des répertoires un petit peu plus de musiques actuelles.»

« On apprend sur le terrain, on expérimente »

Pour se démarquer, il est important d’afficher une identité forte, expliquent nos différents interlocuteurs. Défendre la création pour La Nef, un ancrage territoriale important pour Septentrion. Mais pour exister, il faut également se structurer, ce qui n’est pas évident lorsque l’on est un petit ensemble qui démarre comme le chœur de chambre toulousains Ô les Chœurs, qui s’est produit pour la première il y a tout juste un an. Sa directrice artistique, Lucie Rueda :

« C’est vrai que le coté administratif est quand même particulièrement difficile et obscure dans le milieu de la musique, parce que tout simplement il y a plein de règles qui sont difficiles à comprendre. Et après il y a tout l’aspect communication et marketing auquel on n’est pas formé, donc on apprend sur le terrain, on expérimente, il y a des choses qui fonctionnent, d’autres moins. Je m’attendais à ce que ce soit difficile mais peut-être pas autant. »

Ne plus se contenter d'être musicien pour y arriver

Délégué général de la FEVIS, fédération qui regroupe des ensembles indépendants déjà structurés, Louis Presset observe une grande vitalité chez les jeunes projets. Il parle d’une véritable émulation ces dernières années :

« Ce secteur est artistiquement extrêmement vivant. Il se passe des choses extraordinaires à tous les endroits. Je ne crois pas qu’il y ait eu autant de manières d’inventer la musique, de la produire, que ce soit avec des projets audiovisuels, des podcast, des MOOC.. Il y a des choses vraiment fascinantes et très chouettes. Après, oui, clairement les musiciens d’aujourd’hui doivent aussi être des producteurs, s’ils veulent y arriver. Ils ne peuvent plus se contenter d’être juste un musicien extraordinaire. »

« Faites-le et croyez-y, si vous en avez envie, » ajoute Louis Presset. Il y a de la place pour de nouveaux ensemble et des publics, qui ont envie de musique.

8 min
Références

Programmation musicale

  • 08h11
    Les aventures de Rabbi Jacob : Rabbi Jacob (Version dirigée par Hubert Rostaing)
    Les aventures de Rabbi Jacob : Rabbi Jacob (Version dirigée par Hubert Rostaing)
    VLADIMIR COSMA
    Les aventures de Rabbi Jacob : Rabbi Jacob (Version dirigée par Hubert Rostaing)

    Interprètes VLADIMIR COSMA, HUBERT ROSTAING,

    Album BOF / Les aventures de Rabbi Jacob (2019)
    Label DECCA (7796779)

L'équipe

Sofia Anastasio
Production