Les orchestres, dont l'activité a été affectée par la pandémie de Covid-19, ne vont pas disparaître pour autant, dans les prochaines années. ©AFP - Adrien Nowak
Les orchestres, dont l'activité a été affectée par la pandémie de Covid-19, ne vont pas disparaître pour autant, dans les prochaines années. ©AFP - Adrien Nowak
Les orchestres, dont l'activité a été affectée par la pandémie de Covid-19, ne vont pas disparaître pour autant, dans les prochaines années. ©AFP - Adrien Nowak
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Résumé

En fin de semaine dernière, se tenait à Metz le forum des orchestres. A l’heure où d’aucuns se questionnent sur l’utilité, et même la légitimité, notamment financière, de ces institutions publiques, c’est plutôt optimistes que les participants sont ressortis de ce forum.

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C’est dans les salles de l’Arsenal, à Metz, que les acteurs de la musique classique ont échangé, parfois débattu, durant deux jours, de leurs points de vue quant à l’avenir des orchestres symphoniques dits permanents. Réunis autour des questions de développement et de renouvellement des orchestres, musiciens, directeurs et élus locaux ont engagé leurs discussions après une lecture approfondie du rapport Poursin-Thiébaux sur les orchestres permanents. « On n’avait pas beaucoup de doutes avant de réaliser notre mission, et on en a encore moins après, balaie tout de suite la co-autrice de ce rapport, Anne Poursin_. Oui, ces orchestres ont un avenir parce qu’ils sont une ressource pour les territoires et les populations. Ils sont porteurs à la fois d’une excellence artistique, mais également de nombreux savoir-faire dont tous les acteurs du territoire peuvent s’emparer. »_

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Mais à quoi ressembleront-ils ces orchestres, dans quelques années ? Autour des débats, ce n’est pas la forme des institutions qui interroge, mais plutôt le fond : et plus précisément, les répertoires. Comme le confie Anne Poursin : « Les répertoires s’élargissent, avec la création contemporaine, avec aussi le fait que les orchestres s’ouvrent sur une plus grande diversité de styles, notamment quand on pense aux 20e et 21e siècles, sur les musiques de films ou musiques du monde. Donc, probablement que dans 30 ou 40 ans, le répertoire des orchestres ne sera sans doute pas le même, et tant mieux, car l’une des missions de nos orchestres est de susciter la création. Après, c’est aussi leur vocation de jouer les répertoires à partir du 18e siècle. L’un est porteur de l’autre. ».

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Une question qui fait l’unanimité à Toulouse, par exemple, où la direction artistique veille à ce que les ensembles ne délaissent pas leur mission originelle, à savoir jouer les grandes œuvres classiques. 

« On peut aller voir la cathédrale Notre-Dame de Paris, simplement en passant devant ; on ne peut pas écouter la 9e symphonie de Beethoven sans orchestre et sans chœur, souligne Claire Roserot de Melin, l’administratrice générale du Théâtre et de l’Orchestre national du Capitole_. Notre responsabilité est donc avant tout de faire vivre les grandes œuvres du répertoire. Mais c’est aussi de créer les répertoires de demain. Autre mission : nous devons être des acteurs dans la cité. C’est cette pluralité du rôle et des missions des musiciens que nous interrogeons dans le cadre de ce forum. »_

S’ouvrir dans la cité, c’est se produire hors les murs ou en tournée, mais c’est aussi accompagner la médiation culturelle. Les musiciens sont de plus en plus sollicités pour des cours d’éducation artistique. Et c’est là un des débats principaux de ce forum. D’un côté, les musiciens demandeurs d’une pluralité de mission, poussés également par les élus et certains directeurs. De l’autre, ceux qui questionnent la formation de ces musiciens, et qui surveillent de près l’équilibre entre le travail à l’orchestre, pour conserver l’excellence de l’ensemble et en-dehors, dans le cadre des « nouvelles missions ». 

À Bordeaux, on a tranché cette question. Alors que des restrictions budgétaires menacent les orchestres, laissent entrevoir des regroupements d’institutions, ailleurs en France, on a décidé de légitimer au maximum l’ONB. 

« Il y a de nombreux a priori sur le coût des orchestres permanents, reconnaît Dimitri Boutleux, adjoint au maire et président de l’Opéra national de Bordeaux_. Je pense que le meilleur moyen de faire tomber ces présupposés, c’est quand même de bien déployer l’orchestre. Bien déployer ce service public, c’est se rendre compte qu’il est nécessaire, c’est donc ne plus se poser la question d’un éventuel surcoût. »_

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Un constat inquiète tout de même les participants de ce forum. Alors qu’on a questionné les missions des orchestres et l’évolution des moyens nécessaires à leur réalisation. La culture est aujourd’hui totalement absente du débat grand public, à quatre mois de l’élection présidentielle.

Références

Programmation musicale

  • 08h08
    Plink, Plank, Plunk ! - pour quatuor à cordes
    Plink, Plank, Plunk ! - pour quatuor à cordes
    Leroy Anderson (Compositeur)
    Plink, Plank, Plunk ! - pour quatuor à cordes

    Amaury Coeytaux (Violon), Loïc Rio (Violon), Laurent Marfaing (Alto (instrument)), François Kieffer (Violoncelle), Quatuor Modigliani

    Album Portraits (2019)
    Label MIRARE (MIR414D)

L'équipe

Clément Buzalka
Production
Sofia Anastasio
Production