Lors d'un concert à Dar Adiyel, dans la Médina de Fès, le choeur de chambre du Maroc a rendu hommage au chant traditionnel marocain. ©Radio France - Clément Buzalka
Lors d'un concert à Dar Adiyel, dans la Médina de Fès, le choeur de chambre du Maroc a rendu hommage au chant traditionnel marocain. ©Radio France - Clément Buzalka
Lors d'un concert à Dar Adiyel, dans la Médina de Fès, le choeur de chambre du Maroc a rendu hommage au chant traditionnel marocain. ©Radio France - Clément Buzalka
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Résumé

Début juin, le Festival international de Fès, a mis à l’honneur les musiques sacrées du monde entier, mais aussi et surtout celles du Maroc, avec des artistes locaux. Car dans le pays, et plus particulièrement à Fès, la musique sacrée tient une place de choix, et un rôle fédérateur.

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Depuis des siècles, c’est dans la Médina de Fès que les communautés se croisent et échangent. Pendant le festival de Fès, c’est toujours dans la Vieille Ville que les musiques berbères, soufis, hébreux, et bien d’autres ont résonné. Les cultures sacrées, ici, sont, elles aussi faites d’échanges. Comme en témoigne la chanteuse franco-marocaine Françoise Atlan, interprète des répertoires arabo-andalou et séfarade.

« Il y a dans cette terre du Maroc une spiritualité exemplaire, que l'on peut ressentir, assure l’artiste, née à Narbonne, en France*. D'ailleurs, lorsque j'ai chanté, lors du spectacle d'ouverture du Festival de Fès, j'ai chanté en hébreu, avec mes compagnons du Chant sacré musulman de Fès. On voit vraiment le terreau commun. Il y a donc une spiritualité, avec plusieurs confessions, qui se rejoignent. Et cela date, évidemment, de très longtemps. Le Maroc a une place vraiment particulière. Dans quel pays arabe musulman peut-on entendre des chants de synagogue, quand on passe dans la rue ? »*

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Une tradition, au Maroc, héritée des peuples qui s’y sont installés. Le pays est depuis toujours au carrefour des civilisations. La culture sacrée marocaine est donc difficile à définir, puisqu’elle est un mélange de traditions musicales, de différentes communautés. Et le brassage progressif a créé une culture marocaine mixte, explique Amine Hadef, le chef du chœur de chambre du Maroc.

« La culture sacrée marocaine a beaucoup d'influences, d'Andalousie, principalement. Mais également des musiques berbères, ou d'autres "ethnies" marocaines, explique Amine Hadef, qui compte dans son chœur des artistes issus de toutes les communautés marocaines*. Chacun a sa culture, bien évidemment, mais celle qui est majoritaire, aujourd'hui dans le pays, comme à Fès ou Oujda, vient d'Andalousie. Elle provient de l'époque à laquelle les musulmans et les juifs ont été chassés de la péninsule ibérique, pour se réfugier à Fès, notamment. Fès est donc aujourd'hui l'emblème de la spiritualité marocaine, encore de nos jours. »*

Pour autant, le Festival de Fès peine à attirer des jeunes publics. Selon Adil El Achab, professeur de violon à Fès, et d’éducation musicale en établissement scolaire, c’est un répertoire qui a tendance à se perdre chez les nouvelles générations. « La jeunesse marocaine est moderne, elle écoute du rap, du hip-hop, du rock. Elle n'est pas beaucoup attachée aux musiques traditionnelles sacrées, ou au soufi , se désole le professeur*. »* Alors, comme lui, ils sont nombreux à miser sur de nouvelles approches, pour transmettre l’histoire et les traditions culturelles marocaines aux jeunes. Avec ses classes, Adil enseigne la musique gnaoua en la liant au jazz, plus contemporain. « Si on chante du gnaoua, ou si on invente des morceaux sur des rythmes jazz et gnaoua mélangés, on peut les motiver un peu. On s'amuse à réaliser des créations musicales dans les classes, comme cela. »

Aujourd’hui, les musiques sacrées font figure d’exemple, partout dans le monde, pour leur côté fédérateur. Des artistes internationaux s’en emparent d’ailleurs, comme Ibrahim Maalouf, tête d’affiche du dernier festival de Fès.

Références

Programmation musicale

  • 08h08
    Symphonie en Ré Maj (horloge) HOB I:101 : Finale. Vivace
    Symphonie en Ré Maj (horloge) HOB I:101 : Finale. Vivace
    Joseph Haydn (Compositeur)
    Symphonie en Ré Maj (horloge) HOB I:101 : Finale. Vivace

    Marc Minkowski (Chef d'orchestre), Les Musiciens Du Louvre

    Album Joseph Haydn : Les 12 symphonies londoniennes
    Label NAIVE RECORDS (V 5176)

L'équipe

Clément Buzalka
Production
Sofia Anastasio
Production