Le Requiem de Mozart, mis en scène par Stéphane Braunschweig à l'Opéra national de Bordeaux
Le Requiem de Mozart, mis en scène par Stéphane Braunschweig à l'Opéra national de Bordeaux - Éric Bouloumié
Le Requiem de Mozart, mis en scène par Stéphane Braunschweig à l'Opéra national de Bordeaux - Éric Bouloumié
Le Requiem de Mozart, mis en scène par Stéphane Braunschweig à l'Opéra national de Bordeaux - Éric Bouloumié
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C’est un double évènement qui se joue en ce moment à l’Opéra de Bordeaux. L’institution présente jusqu'au 28 janvier le Requiem de Mozart, mis en scène par Stéphane Braunschweig. Une nouvelle production 100% zéro achat, ce qui est une première pour une Maison lyrique en France.

Quelques minutes avant la représentation, lorsque l’on s’approche de la fosse, des notes du Requiem nous apparaissent. Le Grand Théâtre est plein pour écouter et voir la Messe des morts de Mozart, qui ce soir est mise en scène. « C’était un rêve, » déclare Emmanuel Hondré, directeur général de l’institution. Et très vite, Stéphane Braunschweig est apparu comme la personne parfaite pour respecter la musique, lui donner sa force symbolique, humaine, individuelle et raconter ce qu’est la vie, la mort de Mozart »

C’est dans une production zéro achat que les sentiments, les angoisses de Mozart face à la mort, ont été traduits.   « C’est une production pour laquelle nous n’avons rien dépensé en terme d’achat de matériaux », explique le metteur en scène, Stéphane Braunschweig, Nous sommes partis sur l’idée qu’il fallait essayer de faire avec les moyens du bord. J’ai trouvé dans les stocks un ensemble de décors qui pouvaient être réutilisés, notamment une sorte de boite en miroir qui venait d’une production de Mc Beth. J’ai senti que c’était possible ».

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Le Requiem de Mozart, mis en scène par Stéphane Braunschweig à l'Opéra national de Bordeaux
Le Requiem de Mozart, mis en scène par Stéphane Braunschweig à l'Opéra national de Bordeaux
- Éric Bouloumié

Le zéro achat a forcément influencé la mise en scène, déclare Stephane Braunscweig, il fallait partir de décors existants, de vêtements récupérés. Mais cette initiative rejoint l’esthétique de son travail, minimaliste et épurée. Ainsi que l’esprit de l’œuvre : « La confrontation à la mort présente dans cette musique nous rassemble dans notre humanité nue. C’est bien que ça ne soit pas un spectacle riche. Il y a une notion de dénuement que l’on sent aussi dans les costumes, est qui est, je trouve, propice à ressentir plus fortement la musique. »

Ecologique, la démarche a également permis de faire 40.000 euros d’économie. Mais il n'était pas question que cela l’emporte sur l’artistique, déclare la maison. Et il a fallu redoubler d’imagination, nous explique, Caroline Boulay, directrice technique de l’Opéra national de Bordeaux : « On ne part pas d'un patron ou d'un dessin d’un scénographe, mais de choses construites, pour arriver au rendu voulu. C’est beaucoup plus passionnant pour nous finalement, parce qu’on se casse plus la tête, certes, mais les équipes peuvent donner sens à leur métier d’art. »

Le Requiem de Mozart à l'Opéra national de Bordeaux
Le Requiem de Mozart à l'Opéra national de Bordeaux
- Éric Bouloumié

Dans cette mise en scène, les choristes manipulent 18 cercueils fabriqués à partir de dons d’un fabricant de caisses de vin, la Caisserie bordelaise. Cette initiative a permis de remettre l’opéra au cœur de la société, annonce Emmanuel Hondré : « L’opéra n’est plus une citadelle, une bulle enfermée, mais se met en position de collaborer, avec des partenaires pour arriver à quelque chose de collectif »

Sur scène, c’est également le collectif qui est célébré. Avec le Chœur de l’Opéra de Bordeaux, qui interprète le Requiem et rappelle que l’être humain est acteur du changement, mais qu’il fait lui aussi partie du décor de l’environnement.

Le Requiem de Mozart à l'Opéra national de Bordeaux
Le Requiem de Mozart à l'Opéra national de Bordeaux
- Éric Bouloumié

Le Requiem de Mozart est donné au Grand Théâtre de Bordeaux jusqu’au samedi 28 janvier 2023

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