Le Musée de la Musique, au sein de la Cité de la Musique, à Paris
Le Musée de la Musique, au sein de la Cité de la Musique, à Paris
Le Musée de la Musique, au sein de la Cité de la Musique, à Paris ©Getty - Walter Bibikow
Le Musée de la Musique, au sein de la Cité de la Musique, à Paris ©Getty - Walter Bibikow
Le Musée de la Musique, au sein de la Cité de la Musique, à Paris ©Getty - Walter Bibikow
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Résumé

Le Musée de la musique demeure toujours après 25 ans un lieu d’histoire de la musique racontée à travers les instruments qui l’ont faite sonner, mais il est devenu également un lieu de recherches scientifiques et d’actualité sociale ouvert sur le monde sonore qui nous entoure.

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Le 18 janvier 1997, le Musée de la Musique ouvrait ses portes au sein de la Cité de la Musique, à Paris. Doté d’une collection de plusieurs milliers d’instruments rares, qui ne sont pour la plupart plus en état de jeu, le musée a su profiter au cours de son existence des nouvelles évolutions technologiques, dont l’impression 3D, pour faire vivre sa collection d’une autre manière, comme l’explique Thierry Maniguet, conservateur et responsable scientifique de l’équipe de conservation :

« Nous avons tout un programme de facsimilés pour des instruments qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous en état de jeu et qui ne peuvent pas être maintenus. Nous faisons des copies les plus exactes possibles de ces instruments et cela donne lieu à des programmes de recherche assez étendus, d'identification des matériaux, de compréhension de l'intimité de l'instrument. C'est un travail que l'on mène toujours avec des facteurs de musique, des fabricants, mais aussi des musiciens, des musicologues, pour donner un éclairage particulier sur des moments forts du répertoire de la musique.

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L’équipe de conservation et de recherche, deux faces de la même médaille

Aux études sociologiques et musicologiques des conservateurs s’ajoutent les observations du laboratoire de recherche et de restauration du Musée, un lieu d’études scientifiques qui permet de mieux comprendre la matérialité des objets. Deux approches distinctes qui ont su se réunir au cours de l’existence du musée, précise Stéphane Vaiedelich, responsable du laboratoire du Musée de la Musique :

« La différence entre nous et mes collègues conservateurs, c'est que nous, on rentre de facto par la matérialité de l'objet. C'est notre cheval de bataille initiale, mais la matérialité de l'objet, sans documentation connexe n'a pas de sens et une documentation d'archives sans objet n'a pas grand sens non plus. […] S'il y avait quelque chose à fêter pour les 25 ans du musée, ce serait l'existence de cette équipe de conservation et de recherche qui regroupe toutes les forces vives qui s'intéressent à la recherche au sein du musée. »

Vers de nouveaux horizons

Depuis son ouverture, le Musée de la Musique a su séduire par sa riche collection et s’imposer à l’international par les découvertes scientifiques de son laboratoire, mais de nouveaux défis sociétaux et environnementaux plus larges obligent l’institution à se tourner aujourd’hui vers des sujets importants, dont la musique et la spoliation, mais pas seulement :

« On travaille de plus en plus aujourd'hui l'inscription du musée dans des questionnements sociétaux plus larges, précise Marie-Pauline Martin, directrice du Musée de la Musique. Il y a aussi d'autres disciplines liées à la musique et aux phénomènes sonores qui vont de plus en plus nous intéresser. On actualise notre réflexion en tant que musée initialement d'instruments. Je pense notamment à la bio acoustique, car il y a un enjeu crucial à se demander s'il y a déclin de la biodiversité et peut être aussi déclin d'un patrimoine sonore qui est, lui, en danger. »

Au-delà de la musique occidentale savante

Autre enjeu majeur à venir pour le Musée de la musique, la valorisation des cultures non seulement occidentales mais aussi celles du Tout-monde : « il y a beaucoup de questionnements communs dans la réflexion autour de ces sujets » ajoute Marie Pauline Martin. A cela s’ajoute le défi du décloisonnement des publics et l’ouverture du Musée à tous les genres musicaux plus récents, dont la musique électronique et le hip-hop :

« On essaie de plus en plus de nuancer la distinction souvent arbitraire entre musique savante et musique populaire. Le musée est un phare des collections musicales savantes, mais il y a tout un travail à faire aujourd'hui sur les musiques actuelles. […] Il y a un vrai enjeu sociétal d'affirmer l'ancrage du Musée de la musique dans sa collection et dans son public non seulement comme point de mire des musiques savantes mais finalement de la musique tout court : un musée des musiques », conclue la directrice.

S’il est difficile d’imaginer ce à quoi ressemblera le Musée de la Musique dans 25 ans, il est certain que l’établissement fera toujours voir et entendre l’expression sonore de l’homme musicien à travers son histoire et sa relation aux autres cultures.

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Références

Programmation musicale

08h08
RAMEAU Anacréon : L'amour est le dieu de la paix (Sc 5) Air d'Amour
RAMEAU Anacréon : L'amour est le dieu de la paix (Sc 5) Air d'Amour
JEAN PHILIPPE RAMEAU
RAMEAU Anacréon : L'amour est le dieu de la paix (Sc 5) Air d'Amour

Interprètes JEAN PHILIPPE RAMEAU, JEROME CORREAS, SANDRINE PIAU

L'équipe

Sofia Anastasio
Production