Dans l'atelier d'Angers Nantes Opéra, on privilégie la réutilisation des anciens décors et costumes.
Dans l'atelier d'Angers Nantes Opéra, on privilégie la réutilisation des anciens décors et costumes.
Dans l'atelier d'Angers Nantes Opéra, on privilégie la réutilisation des anciens décors et costumes. - Jean-Marie Jagu / Angers Nantes Opéra
Dans l'atelier d'Angers Nantes Opéra, on privilégie la réutilisation des anciens décors et costumes. - Jean-Marie Jagu / Angers Nantes Opéra
Dans l'atelier d'Angers Nantes Opéra, on privilégie la réutilisation des anciens décors et costumes. - Jean-Marie Jagu / Angers Nantes Opéra
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Résumé

Des démarches plus responsables, mais aussi et surtout des chartes précises des gestes écolos du quotidien : les maisons d’opéra jouent le jeu de la transition écologique. Assez pour se placer parfois en précurseurs en la matière.

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L'écologie est aujourd’hui au centre des préoccupations de nombreux citoyens. On pourrait donc croire que les institutions culturelles comme les maisons d’opéra surfent sur cette tendance dans de simples buts démagogiques et de communication. Rien de cela. Quand on demande au directeur d’Angers Nantes Opéra, Alain Surrans, et à ses équipes techniques, de citer toutes les démarches écologiques réalisées au sein de la maison, tous se creusent la tête. Pourtant, les efforts ne manquent pas, au contraire. En réalité, ceux-ci sont si naturels, pour les petites mains de l’opéra, qu’en faire la liste, de but en blanc, est plus compliqué que prévu.

Au Théâtre Graslin de Nantes, il y a tous les efforts écologiques que le public voit, à savoir les lumières led, plutôt que les halogènes ; le tri des déchets, la chasse au plastique, etc. Et puis il y a les ateliers des décors et des costumes, à l'extérieur du centre-ville. C'est ici que travaille Karine Fresneau, au service des costumes. Depuis 32 ans, elle a pris le pli du recyclage, mais aussi de la réutilisation des stocks. « Je n’ai jamais vu qu’on pouvait jeter un costume, assure-t-elle. Mais quand la production a décidé de déclasser une pièce, on ne jette pas. Soit on récupère les boutons, les fermetures-éclair, les poches, de la passementerie, tout ce qui peut nous resservir. Autrement, si la pièce est trop particulière, alors on peut la donner à des associations, ou bien encore à des compagnies locales. »

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Priorité à la récup

Et quand il faut réutiliser des costumes, Karine Fresneau doit d’abord imaginer quelle pièce pourrait resservir. Tous sont conservés dans les ateliers de l’opéra. Là, des dizaines de milliers de costumes sont soigneusement classés. Et cela prend beaucoup de place, toujours plus de place. Sur les penderies, comme dans la mémoire de Karine. « C’est autant de travail de prendre un vêtement et de le transformer que de créer un costume de A à Z ! », indique-t-elle, en plein exercice de déménagement de ses stocks.

Les équipes d'Angers Nantes opéra y tiennent, à la récup et la réutilisation. Même principe dans l'atelier décors. Là encore, on conserve beaucoup dans l'espoir de se resservir plus tard des paysages et autres ornements. Un investissement qui n'est pourtant pas une contrainte, à en croire Michael Lacroix, directeur technique adjoint : « Est-ce que c’est coûteux ? Non, je ne pense pas, tranche-t-il. Pas plus que ce que l’on faisait avant. Il s’agit là de s’approprier d’autres méthodes de travail. Dans les teintures de tissus, par exemple. On va de plus en plus vers des teintures à base de plantes tinctoriales, sauf que ce ne sont pas les mêmes méthodes de travail. Il faut donc que l’on forme notre personnel à l’utilisation de ces teintures, et que l’on arrive à convaincre les costumiers qu’ils auront le même rendu. »

Ne pas limiter la création artistique

Bref, les maisons d'opéra s'engagent bel et bien dans des démarches plus responsables. Elles sont même, pour certaines d'entre elles, précurseures en la matière. Si ces efforts sont une nécessité pour les institutions, ils sont en fait réalisés de manière très naturelle depuis plusieurs années. « Je ne sais pas si nous sommes exemplaires, répond Michael Lacroix*. En tout cas, on peut dire que nous sommes de bons élèves, car nous avons pris conscience de la toxicité des produits employés dans la construction des décors, que ce soit la colle, la peinture, les teintures, les produits chimiques, etc. Et on a toujours trouvé des alternatives. »*

Des efforts naturels pour les petites mains de l'opéra. Pour les artistes, qui passent commande de décors et de costumes, la récup ne coule pas toujours de source. Là encore, il faut avant tout faire preuve de pédagogie. L’Opéra de Lyon s'est lancé le défi de proposer des pièces les plus vertes possibles. « Il y a vraiment le désir d’intégrer ces problématiques et d’aller, année après année, vers des opéras de plus en plus verts, qui vont interroger à certains endroits le cahier des charges qu’on donne à des créateurs, insiste Claire Hébert, directrice adjointe de l'Opéra de Lyon. Sans pour autant limiter le geste artistique. »

Des contraintes plus lourdes, au niveau des bâtiments eux-mêmes

Que ce soit à Nantes, à Lyon, ou encore à Lille, les opéras travaillent au maximum en circuit court. Bien qu’ils soient soumis à la commande publique, ils privilégient les artisans ou entreprises locales. À Angers Nantes Opéra, Alison Bigeard, peintre et adjointe au chef de l’atelier de décors se fournit quasi exclusivement auprès d’un marchand de peinture de Loire-Atlantique. À Lille, Euxane de Donceel, directrice administratrice et financière de l’Opéra, et pilote de la démarche développement durable au sein de l’institution, l’assure : « on travaille de plus en plus, ces dernières années, aux achats responsables. On partage une charte avec nos fournisseurs pour que chacun expose les engagements qu’il prend en matière de développement durable et de protection de l’environnement. »

Si chacun, à l'opéra, y met du sien pour préserver l'environnement, les contraintes viennent le plus souvent du bâtiment lui-même. Pour la plupart, ce sont des bâtisses anciennes. Le plus grand défi reste donc la limitation du bilan carbone des maisons d'opéra. À Lille et Lyon, de nouvelles études en ce sens sont en train d’être menées. Leurs résultats donneront la marche à suivre pour ces deux maisons, pour les prochaines années à venir.

Références

Programmation musicale

  • 08h08
    Le concert royal de la nuit : Les Songes : Les quatre démons - Les Songes furieux - Le combat des Songes - Le Songe du Flegmatique (4ème veille) (instrumental)
    Le concert royal de la nuit : Les Songes : Les quatre démons - Les Songes furieux - Le combat des Songes - Le Songe du Flegmatique (4ème veille) (instrumental)
    Anonyme
    Le concert royal de la nuit : Les Songes : Les quatre démons - Les Songes furieux - Le combat des Songes - Le Songe du Flegmatique (4ème veille) (instrumental)

    Interprètes Sébastien Daucé, Ensemble Correspondances

    Album Le concert royal de la nuit (2015)
    Label Harmonia Mundi (HMC95222324)

L'équipe

Sofia Anastasio
Production
Clément Buzalka
Production