Les obsèques du pianiste Nicholas Angelich
Les obsèques du pianiste Nicholas Angelich
Les obsèques du pianiste Nicholas Angelich ©Radio France - Sofia Anastasio
Les obsèques du pianiste Nicholas Angelich ©Radio France - Sofia Anastasio
Les obsèques du pianiste Nicholas Angelich ©Radio France - Sofia Anastasio
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Résumé

Mardi 26 avril, à l’église Saint Roch à Paris, se tenaient les obsèques de Nicholas Angelich, qui nous a quittés le lundi 18 avril. Une cérémonie pleine d’émotion où la mémoire du pianiste a été honorée en musique.

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L’église Saint-Roch était pleine ce mardi après-midi, pour dire au revoir à Nicolas Angelich, parti à l’âge de 51 ans. Il y avait les proches, la famille, ses amis, des personnalités politiques, la Première dame Brigitte Macron et la ministre de la Culture Roselyne Bachelot. Beaucoup de musiciens, musiciennes, et d’acteurs de la vie culturelle, pour qui, venir aujourd'hui était une évidence. A l’image du violoncelliste Edgard Moreau : « C’était important, parce que Nicholas était un ami, avec qui j’ai beaucoup travaillé, avec lequel j’ai des souvenirs magnifiques, donc c’était plus qu’important, c’était naturel, normal d’être là, de lui rendre, j’allais dire un dernier hommage, mais non, parce qu’on lui rendra hommage très souvent en continuant de faire de la belle musique, et en pensant à lui ». A ses côtés, le pianiste David Kadouch, ajoute « il était très rare, il était unique, et il avait ce regard sur la musique, sur les gens qu’il rencontrait. Un regard unique, émerveillé. Quand on était avec lui en festival, c’était avoir un ami, c’était passer du temps avec quelqu’un qui allait nous épauler. Il va beaucoup nous manquer » .

« Chacun d’entre nous était pour lui sacré »

Ce mardi 26 avril, on a pu entendre au piano son filleul, Victor Demarquette, mais aussi la pianiste Martha Argerich et le violoniste Renaud Capuçon jouer en duo. Des notes pour honorer un musicien exceptionnel et une personne rare, a-t-on entendu, très attentionnée. « Chacun d’entre nous était pour lui sacré », a ainsi déclaré René Martin, directeur artistique de La Folle Journée de Nantes et du Festival international de piano de La Roque d'Anthéron, dans un discours prononcé à l’Eglise. Nous l’avons retrouvé après la cérémonie : « C’était une cérémonie bouleversante, il était entouré de tous ses amis pianistes, chefs d’orchestre, producteurs de radio. Je pense qu’il n’y a pas de mots pour décrire cet adieu. La musique était belle, les chants magnifiques. On est tous abasourdis par son départ, mais il a eu une cérémonie digne de lui ».

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« Il était profondément aimé »

Difficile ainsi de retranscrire l’émotion ressentie, au sein de l’église. Le comédien Michel Blanc, ami du pianiste, nous parle de l’amour qui était présent : « Ce qui m’a bouleversé là c’est de voir à quel point il était aimé. Vraiment, profondément aimé, les gens étaient bouleversés. Là moi je peux reparler normalement. Ca rajoutait un poids au deuil, comme on dit. »

« Tout le monde aimait Nicholas Angelich », a écrit la journaliste Marie-Aude Roux dans Le Monde après l’annonce de sa disparition. Et tout le monde continuera à l’aimer pouvait-on se dire, au son de la dernière ovation, donnée devant l'église. Quelques minutes auparavant, c'est dans un texte émouvant que son ami Gérard Caussé lui rendait hommage.

« Nicholas, ton pas hésitant, parfois comme suspendu, était-ce un appel ? Un Nicholas qui, dans sa pudeur extrême, se taisait. Tes silences nous disaient-ils ? : « Tu sais, ce n’est pas facile de vivre. Mon chez-moi je ne le trouve pas, je suis sans quotidien, j’en méconnais le confort…»
Nicholas, un être d’ailleurs, parmi nous. Et pourtant, soudain, ton indicible sourire, quelque geste pudique d’amitié profonde, de courts instants, tu te laissais approcher. Où étais-tu Nicholas ? Dans un ailleurs immense… Comment prétendre, aujourd’hui, le dire avec des mots, soudain si pauvres à ton écoute, à l’écoute de toi en musique…
Toi en musique ; ton charme ineffable, ton immense palette de couleurs, ton toucher, nous fûmes tous subjugués, délicieusement, délibérément envoûtés par cette subtilité dont tu étais porteur…
Nicholas, tu n’imposais rien, tu laissais agir cette magie, par toi créée… La reconnaissance de tes pairs, de ton public, tu la vivais avec modestie, mais non sans délectation. Toi, tout en nuances, ta célébrité n’a jamais entaché ta relation à tes proches. Toujours disponible en amitié, et même friand de l’autre, des autres, tu étais un faux solitaire. Tu avais tissé de nombreuses relations amicales, mais, j’oserais le dire…judicieusement cloisonnées ! Quel privilège, dès lors, que de se ressentir choisi par toi. Tu es toujours resté le Maître des Horloges….et du métronome !
Albatros Baudelairien, tel que pensé par Marie-Aude Roux, à l’envol souverain de tes résonances. Toi, Nicholas, au sol tu trébuchais dans quelque maladresse. Car, il est temps de le dire, tu ne marchais pas dans notre quotidien, tu volais majestueux dans l’indicible de ta musique. Toi, enfant de Dieu, mais aussi, élu des Dieux de l’Olympe, tu nous as quittés trop tôt, beaucoup trop tôt, nous laissant sur le rivage, si douloureusement privés de toi.
Sans nul doute, à présent, Nicholas, tu es entré dans l’intemporel, celui de nos cœurs indéfectiblement attachés à toi. »
- Gérard Caussé

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L'équipe

Sofia Anastasio
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