Bal dans une cour de ferme à Gosné, en Ille-et-Vilaine, pendant l'été 1944
Bal dans une cour de ferme à Gosné, en Ille-et-Vilaine, pendant l'été 1944 - Musée de la Résistance Nationale de Champigny-sur-Marne
Bal dans une cour de ferme à Gosné, en Ille-et-Vilaine, pendant l'été 1944 - Musée de la Résistance Nationale de Champigny-sur-Marne
Bal dans une cour de ferme à Gosné, en Ille-et-Vilaine, pendant l'été 1944 - Musée de la Résistance Nationale de Champigny-sur-Marne
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De mai 40 à avril 45, pendant la Seconde Guerre mondiale, les bals sont totalement interdits sur le territoire français. S’organisent donc des bals clandestins sur lesquels revient en ce moment le Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne, avec l’exposition « Vous n’irez plus danser ».

C’est tout en haut des marches du musée que démarre l’exposition, avec la projection d’un extrait du film La Belle Equipe. Tourné en 1936 sur les bords de Marne, avec Jean Gabin, il illustre l’importance des bals et des guinguettes pendant l’entre-deux-guerres, raconte Manuel Mingot Nicaise archiviste, médiateur au Musée de la Résistance nationale et commissaire de l’exposition Vous n’irez plus danser : « On danse à toute occasion, en famille, ou encore le dimanche entre amis, après la semaine de travail, mais aussi pendant des fêtes commémoratives nationales, comme le 14 juillet. Et c’est un moment aussi où se développent énormément des musiques venues d’outre-Atlantique, apportées par les soldats américains pendant la Première Guerre mondiale, auxquelles viennent s’ajouter des musiques d’Amérique Latine, des Antilles. »

Annonce de la fermeture des dancings à Paris, Le Figaro, 20 mai 1940
Annonce de la fermeture des dancings à Paris, Le Figaro, 20 mai 1940
- Musée de la Résistance Nationale de Champigny-sur-Marne

Mais à partir de mai 1940, alors que la France est en guerre, le ministre de l’Intérieur décide de fermer les salles de danse. Une mesure qui sera maintenue par le régime de Vichy, tout au long de l’occupation. «  Ce sont des lieux considérés comme moralement répréhensibles. Cela va dans le sens de ce que disait le Maréchal Pétain dans son discours à la jeunesse en 1940, il condamne l’esprit de jouissance des années 20, des années 30, qui serait une des causes de la défaite de 1940, la pire défaite de l’histoire de France. »

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S’organisent donc dans toute la France des bals clandestins. Les françaises et français veulent quand même aller danser :« En ville ça peut être dans l’arrière-boutique d’un café qui avait l’habitude d’organiser des bals en temps normal. A la campagne cela pouvait se faire dans de granges un peu isolées. Souvent c’était des jeunes qui s’y rendaient par le bouche à oreille, ils essayaient de se regrouper, de convaincre un musicien qui voudrait bien venir jouer. Et on pouvait donc risquer des amendes, surtout les organisateurs, voir la fermeture administrative des locaux. »

Accordéon d'Ernest Roussel saisi par la gendarmerie pendant l'Occupation
Accordéon d'Ernest Roussel saisi par la gendarmerie pendant l'Occupation
- Musée de la Résistance Nationale de Champigny-sur-Marne

C’est l’accordéon qui est l’instrument roi de ces bals. Événements avec lesquels la résistance restait prudente pour ne pas se mettre en danger, explique Xavier Aumage, archiviste, médiateur au Musée, lui aussi commissaire de l’exposition :
 « La résistance va entretenir des liens vraiment ambivalents avec le bal clandestin. Il peut être un lieu de recrutement, on peut y envoyer un émissaire pour mesurer le degré de prudence de tel individu, et parfois la résistance organisait des bals pour financer ses actions. Mails il fallait rester très prudent, pour ne pas mettre en danger les résistants, ou tout un village. »

Il faudra finalement attendre le 30 avril 1945 pour que l’interdiction soit levée. Accordéons, affiches, salle de danse reconstituée, c’est tout cette histoire, qui est racontée, en musique et en objet en ce moment à Champigny-sur-Marne.

Maquis « Faïta » de la Haute-Corrèze durant la période insurrectionnelle
Maquis « Faïta » de la Haute-Corrèze durant la période insurrectionnelle
- Musée de la Résistance Nationale de Champigny-sur-Marne

L’exposition « Vous n’irez plus danser » c’est jusqu’au 2 avril 2023 au Musée de la Résistance Nationale de Champigny sur Marne. Une exposition à laquelle ont également participé le Centre d’histoire sociale des mondes contemporains et le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, à Grenoble.