Tchaïkovski, La Dame de Pique – Direction Kirill Petrenko, Elena Stikhina (Lisa), Doris Soffel (Comtesse), Arsen Soghomonyan (Hermann), Berliner Philharmoniker
Tchaïkovski, La Dame de Pique – Direction Kirill Petrenko, Elena Stikhina (Lisa), Doris Soffel (Comtesse), Arsen Soghomonyan (Hermann), Berliner Philharmoniker
Tchaïkovski, La Dame de Pique – Direction Kirill Petrenko, Elena Stikhina (Lisa), Doris Soffel (Comtesse), Arsen Soghomonyan (Hermann), Berliner Philharmoniker - © Photo by Monika Rittershaus / Orchestre Philharmonique de Berlin
Tchaïkovski, La Dame de Pique – Direction Kirill Petrenko, Elena Stikhina (Lisa), Doris Soffel (Comtesse), Arsen Soghomonyan (Hermann), Berliner Philharmoniker - © Photo by Monika Rittershaus / Orchestre Philharmonique de Berlin
Tchaïkovski, La Dame de Pique – Direction Kirill Petrenko, Elena Stikhina (Lisa), Doris Soffel (Comtesse), Arsen Soghomonyan (Hermann), Berliner Philharmoniker - © Photo by Monika Rittershaus / Orchestre Philharmonique de Berlin
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Résumé

Hermann cherche fortune au casino pour gagner les faveurs de Lisa… Arsen Soghomonyan et Elena Stikhina sont les interprètes saisissants de ces héros, accompagnés par le Philharmonique de Berlin génialement dirigé par Kirill Petrenko.

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Piotr Ilitch Tchaïkovski – Modeste Tchaïkovski / d’après Alexandre Pouchkine,

La Dame de Pique

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Opéra en trois actes et sept tableaux créé le 19 décembre 1890 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg.

Opéra en version de concert offert dans le cadre des échanges avec l'Union Européenne de Radio et Télévision, enregistré le 24 avril 2022 à la Philharmonie de Berlin.

Distribution de La Dame de Pique à la philharmonie de Berlin :

Kirill Petrenko : Direction musicale

Arsen Soghomonyan : Hermann, jeune officier, Ténor
Vladislav Sulimsky : Le Comte Tomski , Baryton
Boris Pinkhasovich : Le Prince Yeletski , Baryton
Doris Soffel : La Comtesse, Contralto
Elena Stikhina : Lisa, sa petite-fille, Soprano
Aigul Akhmetshina : Pauline, compagne de Lisa, Mezzo-soprano
Christophe Poncet de Solages : Chaplitsky, Ténor
Margarita Nekrasova : La gouvernante, Mezzo-soprano
Anatoli Sivko : Sourine , Baryton
Yevgeny Akimov : Tchékalinski , Ténor
Mark Kurmanbayev : Naroumov, Basse

Chœur Philharmonique Slovaque
Chœur d’Enfants du Cantus Juvenum de Karlsruhe
Orchestre Philharmonique de Berlin

Argument de La Dame de Pique :

Par Alain Duault.

Acte I. 1er Tableau. A Saint-Pétersbourg, les allées du Jardin d’Eté sont pleines de promeneurs ; les enfants jouent sous la surveillance de leurs nurses et gouvernantes. Sourine et Tchékalinski parlent de leur ami Hermann qui, sobre et silencieux, passe ses nuits dans les maisons de jeux sans toucher aux cartes.

Hermann apparaît justement, accompagné du Comte Tomski, qui s’étonne aussi de son étrange conduite. Hermann lui livre alors son secret : il est passionnément amoureux d’une belle inconnue qui, riche et noble, ne peut lui appartenir. La promenade continue et arrive le Prince Yeletski, qui annonce son mariage prochain et présente sa fiancée Lisa. Accompagnée de la vieille Comtesse, sa grand-mère, celle-ci s’approche et Hermann reconnaît alors avec stupéfaction en Lisa la belle inconnue qui lui a enflammé le cœur. Chacun félicite Yeletski, mais Hermann ne peut masquer le désespoir qui s’empare de lui : la Comtesse et Lisa s’en inquiètent, comme touchées par un funeste pressentiment. La Comtesse s’enquiert auprès de Tomski de l’identité d’Hermann. Puis elle s’éloigne avec sa petite-fille, accompagnée de Yeletski.

Les autres restent et Tomski évoque alors ce qu’on raconte à propos de la Comtesse : dans sa jeunesse, elle aurait été une grande joueuse ; et, fort belle alors, elle aurait été très aimée du Comte de Saint-germain, à l’amour duquel elle aurait pourtant préféré le jeu – jusqu’à ce qu’un jour, à Paris, elle perde toute sa fortune à la table de jeu. Le Comte lui aurait alors offert de lui révéler le secret des « trois cartes » contre un seul rendez-vous. Le lendemain, elle était à la table de jeu et rien ne pouvait l’empêcher de gagner. On a dit qu’elle avait transmis le secret à son mari et, plusieurs années après, à un jeune galant dont elle se serait entichée. On dit enfin qu’elle a appris par un rêve qu’elle mourrait quand un troisième homme essaierait de lui arracher son secret. Sourine et Tchékalinski se moquent un peu, mais Hermann, lui, est fasciné. Pourtant, que ferait-il du secret s’il ne possédait pas Lisa ? Dans un élan passionné, il se jure d’obtenir l’amour de Lisa, ou de mourir.

2ème Tableau. La chambre de Lisa ; le soir tombe. Ses amies essaient de distraire la jeune fille, qui semble mélancolique. Elle chante d’abord avec Pauline, puis lui demande chanter seule. Mais le bruit attire la gouvernante, qui demande le silence. Les jeunes filles quittent la pièce. Restée seule, Lisa s’interroge sur la réalité de ses sentiments pour le Prince et sur le mariage auquel elle s’est engagée, puis elle songe à Hermann et sent son intérêt croître pour lui. A ce moment, celui-ci apparaît justement. Il supplie Lisa, qui ne veut pas l’écouter, de rester un moment, menaçant même de se suicider. La jeune fille cède et Hermann lui avoue son amour avec une ferveur passionnée. Lisa ne peut s’empêcher d’être touchée par ces propos enflammés. Mais soudain leur entrevue est interrompue par un bruit insolite : c’est la vieille Comtesse qui vient voir si Lisa dort. Celle-ci la rassure. Hermann se rappelle l’histoire du secret des trois cartes. Mais, la Comtesse partie, Hermann reprend ses déclarations passionnées. Lisa capitule et lui avoue qu’elle l’aime aussi.

Acte II. 3ème Tableau. Un bal masqué dans les salons d’une riche demeure à Saint-Pétersbourg. Le Prince Yeletski est alarmé par la froideur de sa fiancée et l’assure de son amour avec une ardeur noble et chevaleresque. Hermann apparaît parmi les invités, lisant un billet de Lisa : « Après la réception, attendez-moi dans ma chambre, je dois vous parler. » Il demeure obsédé par le fameux secret des trois cartes – d’autant que Tchékalinski et Sourine, masqués, continuent à se divertir à ses dépens par des chuchotements énigmatiques à propos des trois cartes magiques qui agissent sur son imagination maladive. Mais le Maître de cérémonies annonce alors la représentation d’une pastorale : La Bergère sincère. C’est l’histoire de Daphnis et Chloé à la Russe : la bergère Priliépa est courtisée par Milovzor qui est pauvre, et Zlatogor, qui est riche. Elle préfèrera, en dépit des richesses offertes par Zlatogor, l’amour de Milovzor. L’assistance écoute, ravie. A la fin de l’interlude, Lisa s’approche discrètement d’Hermann qui l’attend, et lui remet la clé de son appartement. Pour la rejoindre, il devra traverser celui de la Comtesse. Elle ajoute que sa grand-mère sera au bal jusqu’à minuit. Hermann insiste pour venir le soir même ; Lisa se soumet à sa volonté. Le Maître de cérémonies annonce ensuite l’arrivée de l’Impératrice et les invités se pressent pour l’accueillir.

4ème Tableau. Dans la chambre de la Comtesse, vide, Hermann entre et contemple, troublé, le portrait de jeunesse de la vieille femme. Mais soudain, entendant des voix, il n’a que le temps de se cacher : c’est la Comtesse, accompagnée de ses femmes de chambres. Elle se prépare pour la nuit, puis, s’asseyant dans son fauteuil, se laisse aller à ses souvenirs de jeunesse, comparant la décadence que représente le bal qu’elle vient de quitter avec l’époque où les choses étaient différentes, où la Pompadour régnait sur Paris, et où elle-même chantait devant le Roi. Elle se remémore alors un air de Richard Cœur de Lion, de Grétry, puis s’assoupit doucement. Mais soudain elle sursaute, épouvantée : Hermann est devant elle. Elle est saisie et comme bouleversée. Le jeune homme lui demande de ne pas s’inquiéter : il ne lui veut aucun mal, il veut simplement qu’elle lui confie le secret des « trois cartes ». Mais la grand-mère se tait. Hors de lui, Hermann sort son pistolet et le braque sur elle. La vieille dame meurt alors d’un coup de frayeur. Hermann est désespéré : il ne connaîtra jamais le secret. Lisa entre à ce moment, alertée par le bruit. Elle est horrifiée de voir sa grand-mère morte et Hermann auprès d’elle. Elle le repousse et lui ordonne de partir, comprenant que c’est par amour du jeu et non pour elle qu’il tenait à venir à minuit.

Acte III. 5ème Tableau. La chambre d’Hermann à la caserne. Il lit une lettre de Lisa dans laquelle la jeune femme lui pardonne. Elle a compris qu’il n’a pas voulu la mort de sa grand-mère et elle lui donne rendez-vous à minuit près du canal. Hermann est obsédé par le souvenir des funérailles de la vieille Comtesse. Dans le mugissement du vent, il croit entendre un requiem. Le spectre de sa victime se dresse soudain devant lui, lui ordonnant d’épouser Lisa et lui livrant le secret des trois cartes magiques : « le trois, le sept et l’as ». Comme en proie au délire, Hermann répète la formule et part à son rendez-vous.

6ème Tableau. Au bord du canal, Lisa attend Hermann avec angoisse. Elle veut croire à l’innocence de son amant. L’horloge de la tour sonne minuit et la jeune femme perd espoir. Enfin il paraît, Lisa se jette dans ses bras, mais Hermann, tout entier sous l’emprise de son obsession du jeu, ne fait que répéter machinalement les paroles d’amour prononcées par Lisa. Celle-ci s’alarme de l’incohérence de son attitude et essaie de le ramener à leur amour. Complètement habité par sa folie, Hermann repousse la jeune femme et se précipite avec fièvre vers la maison de jeu. Lisa, désespérée, se jette dans le canal.

7ème Tableau. Dans la maison de jeu, on chante les louanges du vin, de la jeunesse. Tomski célèbre les joies de l’existence. Apparaît Yeletski, qui avoue qu’il est venu prendre sa revanche : malheureux en amour, heureux au jeu. Arrive alors Hermann, hagard, qui s’attable et, pariant de fortes sommes sur le trois puis sur le sept, gagne coup sur coup à la stupéfaction générale. Enivré para la victoire, il se réjouit de sa chance : « Qu’est-ce que la vie ? » dit-il, « un jeu ! » Il défie alors les autres joueurs de parier contre lui une troisième fois. Le Prince Yeletski seul s’avance. Hermann engage tout son gain, retourne une carte et, sans même la regarder, annonce l’as. « Non, c’est votre dame de pique », déclare calmement le prince,. Hermann pousse un cri et, fixant la carte, voit le fantôme de la vieille Comtesse qui le regarde en ricanant. Saisi de terreur, il sombre dans la folie et se suicide d’un coup de pistolet, suppliant le Prince, avant de mourir, de lui pardonner le mal qu’il lui a fait. Il expire avec le nom de Lisa sur les lèvres.

Ouvrage de référence, La Dame de Pique :

L’Avant-Scène Opéra : La Dame de Pique de Tchaïkovski
n°119/120 – ISBN : 2-84385-224-2

Programmation musicale de Judith Chaine :

Sergei Prokofiev / transcription Sergei Babayan,

La Dame de Pique, Musique de film, op 70 :
Polonaise. Tempo di Polacca – pour 2 pianos

Martha Argerich, Sergei Babayan, pianos
DEUTSCHE GRAMMOPHON 479 9854

Georges Bizet – Henri Meilhac et Ludovic Halévy, d’après Prosper Mérimée,

Carmen :
Extrait de l’Acte III :
Frasquita, Mercédès, Carmen - Trio des cartes « Mêlons ! Coupons !... Carreau ! Pique ! La Mort !... Parlez encore, parlez, mes belles »
Le Dancaïre, Carmen, Frasquita, Mercédès, Don José, Les Bohémiennes, Le Remandado, Les Bohémiens « Alerte ! »… Morceau d’ensemble « Quant au douanier, c’est notre affaire ! »

Agnes Baltsa : Carmen, Mezzo-soprano
José Carreras : Don José, Ténor
Christine Barbaux : Frasquita, Soprano
Jane Berbié : Mercédès, Mezzo-soprano
Gino Quilico : Le Dancaïre, Baryton
Heinz Zednik : Le Remendado, Ténor
Chœur du Théâtre national de l’Opéra de Paris
Jean Laforge : Chef des Choeurs
Orchestre Philharmonique de Berlin
Herbert von Karajan : Direction musicale
DEUTSCHE GRAMMOPHON 410 088-2

À réécouter : Tchaikovsky/Pouchkine
1h 29
6 min