Documentaire "Inside The Hearing Machine"
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Résumé

Encore une chronique sur la surdité de Beethoven... Oui ! Mais avec un regard surprenant sur l'ensemble de ses quatuors à cordes : moins il entendait, plus il privilégiait le grave. En 6 minutes : un montage de ses quatuors, la reconstruction de la Gehörmaschine et une simulation de sa surdité.

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“Mes oreilles continuent à siffler et à bourdonner jour et nuit... Pour vous donner une idée de cette étrange surdité, figurez vous que, au théâtre, je dois me placer tout contre l'orchestre pour comprendre ce que disent les acteurs, et que, à quelque distance, je n'entends pas les sons aigus des instruments ou des voix. J'entends les sons, c'est vrai, mais je ne peux comprendre les mots.” Ludwig van Beethoven, le 29 juin 1801, à 31 ans.

Reste-t-il encore des choses à dire sur la surdité de Beethoven ?

Ah ! A dire, sans doute pas, mais à écouter… oui ! Puisqu’il s’agit d’une des choses les plus connues du monde, voyons un peu les idées les plus répandues. Par exemple : Beethoven composait de la musique de plus en plus forte pour pouvoir l’entendre. Eh bien, il existe une étude qui va un peu dans ce sens. Pas dans le sens du plus fort mais dans le sens du plus GRAVE. Il s’agit d’une étude publiée en 2011 par un trio de scientifiques du Centre Néerlandais de Métabolomique : apparemment, Beethoven privilégiait des notes de plus en plus graves pour compenser sa surdité. Ils ont analysé tous les quatuors de Beethoven, de 1798 à 1826, et, en répertoriant toutes les notes de tous les quatuors, ils se sont aperçus qu’il y en avait de moins en moins au-dessus du sol à 1568 hz.

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Extrait 1 - Sol à 1568 Hz.

Je me suis donc livré à une expérience. J’ai FILTRÉ (et non pas "rééchantillonné, comme dit à l'antenne... erratum) un extrait de symphonie de Beethoven : j’ai enlevé toutes les fréquences au-dessus de 1568 Hz. Tendez l’oreille.

Extrait 2 - Beethoven sans 1568 Hz.

Lorsque Beethoven disait en début de chronique qu’il n’entendait pas les sons aigus des instruments… c’est ça. Et j’ai réécouté les quatuors de Beethoven cette semaine, pour préparer la chronique (y en a pour 8h30 de musique à peu près). Et… c’est vrai qu’on entend un peu ce trajet de l’aigu vers le grave. Ce n’est pas que l’aigu disparaît de la plume de Beethoven : il était compositeur, il n’avait besoin D’ENTENDRE DU TOUT avec ses oreilles pour composer, mais on sent qu’il donnait plus d’importance au grave. Il y a quelque chose. J’ai pris au hasard quatre extraits dans le 1er, le 3e, le 7e et le 12e quatuor.

Extrait 3 - Montage de quatuors de Beethoven.

Une trajectoire vers le grave… et je me suis amusé à le filtrer aussi, à 1568 Hz… et j’ai remarqué quelque chose, j’espère que vous le remarquerez aussi : sans les fréquences hautes, plus la musique se fait grave, et moins nous la perdons.

Extrait 4 - même montage mais rééchantillonné.

Attention, ce que je dis là est à prendre avec beaucoup de pincettes : la perte d’audition, et l’influence sur la technique musicale, est autrement plus complexe qu’un amateur comme moi qui s’amuse avec son logiciel .. Encore une fois : un compositeur n'a pas besoin d'entendre sa musique jouée pour la composer. Je n'ai pas pour habitude d'étudier la musique à travers le prisme de la biographie d'un compositeur ou d'une compositrice, ni de son état de santé... mais il est vrai que la disparition progressive des notes au-dessus de 1568 Hz dans les quatuors est une donnée à connaître.

Nous allons nous quitter avec la reconstruction d’une machine. Nous n'en avons plus la trace aujourd’hui, à part dans les papiers de Beethoven : en 1820, André Stein a conçu, avec Beethoven, une sorte de caisson à fixer sur le piano pour projeter le son vers le pianiste. Et une équipe en 2017 s’est amusée, sans les plans, à imaginer à quoi cette Gehörmaschine pouvait ressembler. Ecoutez ce que ça donne, écoutez tout particulièrement comme nous percevons très clairement toutes les notes : tout est parfaitement défini.

Extrait 6 - Gehörmaschine.

https://www.insidethehearingmachine.com/

Références

L'équipe

Christophe Dilys
Christophe Dilys
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Production