John Dunstable
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John Dunstable  - capture d’écran YouTube
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Résumé

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Le plus ancien canon connu se trouve dans un manuscrit du XIIIe siècle et il se nomme : Sumer is icumen in, c’est-à-dire « L’été est arrivé ». Anonyme, ce canon remonte au XIIIe siècle et il est anglais. Son texte, comme nombre de chansons populaires de l’époque, est assez grivois et s’amuse à jouer avec des similarités de sonorités entre coucou et cocu. Ce canon est à six voix, deux qui échangent un bref motif, et quatre qui partent en canon. Les Anglais pratiqueront beaucoup ce genre de musique, notamment plus tard dans des tavernes, inventant un genre passionnant de canon qu’ils ont nommé « Catch » puisqu’il fallait attraper les motifs et les imiter, Purcell en a écrit de très subtils.

Il existe aussi une triste actualité musicale : on a appris il y a deux jours, le décès à l’âge de 66 ans du compositeur anglais Olivier Knussen. 

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Et l’Angleterre constitue le troisième indice. Brève, cette chronique se restreindra à la période médiévale. Et cela permet une remarque assez générale : lorsqu’on s’intéresse à l’histoire de la musique médiévale, les auteurs se concentrent généralement sur la France, l’Italie, les Flandres et l’Espagne. Trop souvent, l’Angleterre y est le parent pauvre. Cela fausse totalement la perspective. Non seulement l’Angleterre a alors connu une musique florissante, mais elle a également exploré des chemins différents des autres, ce qui lui permettait souvent d’anticiper les grandes évolutions du langage musical. 

On se fie généralement aux traités pour comprendre une époque. La plupart des traités médiévaux sont anonymes. Parmi ceux-ci, il en est un d’une particulière importance, nommé Anonyme IV dans la classification du juriste et musicologue Edmond de Coussemaker, une numérotation qu’il a effectuée vers la fin du XIXe siècle. Il s’agit des notes d’un étudiant anglais, notes prisent pendant la seconde moitié du XIIIe siècle à Paris. Elles recensent les compositeurs de l’école de Notre-Dame et, c’est essentiellement grâce à elles qu’on dispose d’informations cruciales pour identifier les œuvres de Léonin et de Pérotin. De façon assidue, cet étudiant a aussi retranscrit les règles de contrepoint en usage à l’époque. Si les auditeurs ont dans l’oreille les sonorités un peu austères des premiers contrepoints, une phrase d’Anonyme IV est très importante. Elle précise qu’à l’Ouest, c’est-à-dire en Angleterre, les règles étaient autres. Oui, les Anglais étaient alors les seuls à aimer les tierces, cet intervalle que l’on fait spontanément lorsqu’on chante à plusieurs voix et que l’on souhaite que cela soit joli…

L’harmonie anglaise était donc différente au XIIIe siècle. Et elle garde sa singularité un siècle plus tard. On fait souvent remonter les nouvelles harmonies de la Renaissance à la cour de Bourgogne du XVe siècle, on pense à Dufay, à Binchois, puis à Ockeghem ou à Josquin des Prés. Eh bien, là encore, l’influence première est pourtant venue d’Angleterre et notamment du compositeur John Dunstable, dont on ne connaît pas la date de naissance, mais dont on sait qu’il est mort en 1453. On dispose à cet égard d’un long poème de Martin le Franc intitulé Le Champion des dames. Il y affirme l’influence de Dunstable sur Dufay et Binchois, et surtout il vente ce qu’il nomme la « contenance anglaise ». On peut entrer ici dans des débats sans fins de spécialistes. Que signifie véritablement cette expression ? Et les problèmes ne s’arrêtent pas là. L’attribution certaine des œuvres de Dunstable est extrêmement délicate et fluctuante. Ce qui longtemps été écouté comme du Dunstable est à présent attribué parfois à Leonel Power, d’autres fois à Gilles Binchois. Il faut donc être très prudent en refermant cette chronique avec – probablement – un motet à quatre voix de John Dunstable, composé sur le texte Salve scema sanctitatis… 

Extraits musicaux diffusés : 

Anonyme
Sumer is icumen in
Richard Thompson
Richard Thompson Records 0711297320053-1-1

Anonyme
Messe mariale à la cathédrale de Salisbury (Sanctus)
Anonymous 4
Harmonia Mundi

John Dunstable
Salve scema sanctitatis / Salve salus servulorum
CHANT 1450
Christophorus 4010072773326-1-18

Références

Programmation musicale

  • 12h49
    Danse / Tarentelle styrienne L 77 (69)
    Danse / Tarentelle styrienne L 77 (69)
    CLAUDE DEBUSSY
    Danse / Tarentelle styrienne L 77 (69)

    Interprètes CLAUDE DEBUSSY, ALAIN PLANES

  • 12h53
    Sumer is icumen in
    Sumer is icumen in
    RICHARD THOMPSON
    Sumer is icumen in

    Interprètes RICHARD THOMPSON

    Album 1000 years of popular music (2006)
    Label RICHARD THOMPSON RECORDS
  • 12h58
    Salve scema sanctitatis / Salve salus servulorum - pour voix d'hommes a cappella
    Salve scema sanctitatis / Salve salus servulorum - pour voix d'hommes a cappella
    JOHN DUNSTABLE
    Salve scema sanctitatis / Salve salus servulorum - pour voix d'hommes a cappella

    Interprètes JOHN DUNSTABLE,

    Album La contenance angloise : Le style anglais dans la musique de Bourgogne du XVème siècle (2010)
    Label CHRISTOPHORUS

L'équipe

Claude Abromont
Claude Abromont
Claude Abromont
Production