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Pour chasser le blues de janvier, mettez-vous au piano !

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Pour chasser le blues de janvier, mettez-vous au piano !
Pour chasser le blues de janvier, mettez-vous au piano !
© Getty - Alistair Berg

On l'appelle le Blue Monday : le troisième lundi de janvier serait le jour le plus déprimant de l'année. Heureusement, une solution est à votre portée si vous avez le cafard : mettez-vous au piano ! C'est le conseil d'une récente étude de l'Université de Bath.

Si vous avez du mal à raccrocher les wagons au passage à la nouvelle année, tournez-vous vers la pratique musicale ! Mais pas n'importe laquelle : choisissez le piano. Selon les chercheurs de l'Université de Bath,  en Angleterre, une pratique hebdomadaire, suffirait à vous redonner la pêche même si vous êtes complètement débutant. Plus encourageant encore : des résultats probants se manifesteraient déjà au bout de 11 semaines.

C'est en tous cas ce qu'affirme une récente étude menée sur un groupe de 31 adultes non-musiciens, qui ont suivi des cours de piano au rythme d'une heure par semaine. Chaque séance comprenait 20 minutes d'exercices techniques, suivies par l'apprentissage d'un morceau de la liste préalablement établie, avec par exemple des pièces faciles de Johann Christian Bach, ou encore une version simplifiée de La donna è mobile de Verdi.

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Avant la première leçon, les participants ont reçu une initiation de 10 minutes aux notions musicales : les clés, la durée et la hauteur des notes, les altérations. On leur a également montré la position de la main et des doigts sur le clavier. Comme aucun n'avait de formation musicale ni ne lisait la musique, les partitions ont été transcrites en chiffres qui correspondaient aux numéros collés sur les touches.

Premier constat : au bout de 11 semaines, par rapport à deux autres groupes occupé à écouter de la musique, ou à lire et étudier, les participants qui ont suivi les cours de piano "ont nettement amélioré leurs capacités de traiter les informations multi-sensorielles".

“Nous savons que la pratique et l'écoute de la musique nous procurent de la joie, mais avec cette étude nous avons voulu mieux comprendre dans quelle mesure la pratique musicale sur une période courte peut affecter nos compétences cognitives, explique Karin Petrini, psychologue de l'Université de Bath et co-autrice de l'étude. Et les résultats sont encourageants : "la pratique du piano aurait des effets positifs sur le traitement des informations audio-visuelles même à l'âge adulte, alors que la plasticité cérébrale est réduite," s'enthousiasme la chercheuse.

Apprendre à jouer du piano est une tâche très complexe, poursuit la psychologue. "Elle mobilise à la fois la lecture de la partition, la motricité à travers les gestes et le feedback auditif et tactile afin d'anticiper sur d'autres actions." En d'autres termes, c'est une activité qui mobilise à la fois la perception visuelle et auditive et la combine avec la tâche motrice complexe de coordination des deux mains.

Le piano pour se sentir mieux

"Ce que l'on sait, c'est que la musique est un vecteur de plasticité cérébrale qui induit des remaniements entre des réseaux de neurones très vastes, avec notamment de nouvelles connexions, explique Emmanuel Bigand, professeur de psychologie cognitive à l'Université de Bourgogne. Mais si elle stimule les processus cognitifs, la musique agit aussi sur le plan neuroaffectif, poursuit le chercheur :  Nous savons aussi que la musique favorise la libération de la dopamine et qu'elle est donc susceptible de modifier la chimie du cerveau avec peut-être des effets prolongés à quelques jours ou semaines".

La dopamine, connue comme 'l'hormone du bonheur' libérée grâce au système de la récompense dans notre cerveau, principal moteur de toutes nos actions, explique le neuroscientifique"Ce système de la récompense est normalement activé par les stimuli biologiquement pertinents : la nourriture ou le sexe, ou encore artificiels, comme la drogue ou l'alcool, mais peut aussi être touché par la musique. Le plaisir musical est profondément enraciné dans le comportement humain," conclut le chercheur.

Constat confirmé par les conclusions des chercheurs de l'Université de Bath : l'apprentissage du piano s'avère excellent pour la santé mentale des participants. Ils ont tous rapporté des améliorations de leur état général par rapport au stress, à l'anxiété ou la dépression.

"Il s'agit d'une activité qui demande notre pleine concentration, ce qui détourne notre attention des pensées et des ressentis qui parasitent notre cerveau,  explique Dave Smithson de Anxiety UK, organisation caritative qui prend en charge les personnes souffrant des troubles anxieux. L'anxiété qui nous envahit est très souvent provoquée par le fait que nous nous inquiétons des choses sur lesquelles nous avons très peu de contrôle."

Selon le spécialiste, jouer du piano permet d'éloigner les pensées négatives, de nous détendre et de renforcer notre confiance en soi. Et d'explorer différents registres émotionnels à travers la musique et retrouver un sens à sa vie. "Et les bénéfices continuent aussi longtemps que nous continuons avec cette activité."