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Quelle est la meilleure version de la Sonate opus 111 de Beethoven ?

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Elsa Fottorino (Pianiste, La République du Classique), Christian Merlin (Le Figaro) et Antoine Mignon (Classica) élisent la version de référence de la Sonate pour piano opus 111 de Beethoven.

Compte-rendu de La Tribune des critiques de disques du 11 janvier 2015

Seuls ont été pris en compte les enregistrements des 25 dernières années.

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Cultiver l’ampleur et la beauté du son ne veut pas dire percer les secrets de l’Opus 111 : du haut de son piano apollinien, Nelson Freire en fait les frais, s’égarant dans une conception mal ficelée et ennuyeuse.

Précision et clarté d’élocution sont les qualités immédiates du Beethoven de Vladimir Feltsman, lequel, malgré la rage mise dans le premier mouvement, se noie dans l’inexpressivité dès l’énoncé de l’Arietta.

Alfred Brendel fait à peine mieux, tant sa conception chambriste vire au statisme, ses maniérismes privant ça et là le discours de tension, de mystère et de suspension temporelle.

Malgré certaines duretés et brutalités dans les attaques, Vladimir Ashkenazy impressionne par une dramaturgie des contrastes… peu à peu bien prévisible, dont les effets finissent par atténuer la force du testament beethovenien.

Avec ses bourrasques, ses sauts dans le vide, ses phases hypnotiques (… et des tics récurrents), le piano inventif de Rudolf Buchbinder ne fait rien pour séduire : mais cette âpreté provocatrice, qui insiste sur les silences et les ruptures, offre un Opus 111 atypique, risqué, souverainement pensé.

Et pourtant, c’est l’interprétation de Stephen Kovacevich qui triomphera de tous les enjeux, beethovenien inspiré alliant perfection digitale, ampleur orchestrale et hauteur de vue : un rapport au temps organique, et, avec ses basses terriennes et ses envolées célestes, un piano d’une beauté irréelle, au service d’un équilibre idéal. Magistral et indispensable.

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Palmarès

N°1
Version C
Stephen Kovacevich (EMI, 1992) N°2
Version F
Rudolf Buchbinder (RCA, 2011)

N°3
Version B
Vladimir Ashkenazy (Decca, 1991)

N°4
Version A
Vladimir Feltsman (Music Masters, 1992)

N°5
Version D
Alfred Brendel (Philips, 1995)

N°6
Version E
Nelson Freire (Decca, 2014)

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