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Quelle est la meilleure version des Gymnopédies d'Erik Satie ?

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Bertrand Dermoncourt, Elsa Fottorino et Antoine Mignon élisent la version de référence des Gymnopédies d'Erik Satie.

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Compte-rendu

Cette façon de creuser le son, de lui conférer plénitude et limpidité offre un confort d’écoute immédiat. Mais le Satie excessivement enveloppant de Jean-Yves Thibaudet  ne donne-t-il pas tout tout de suite, et trop généreusement ? Le climat d'instabilité créé par Pascal Rogé  déstabilise. Sur un tempo plutôt vif, ses Gymnopédies  cherchent l’ironie, évoquant quelque boite à musique. Mais l’absence de régularité, entretenue par des effets de pédale persistants, apporte une certaine confusion ; où va notre pianiste ?

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L’instrument ferraille un peu, la prise de son est cotonneuse, mais la simplicité et la pudeur de Jean-Joël Barbier  vont droit au cœur de Satie… et au nôtre. D’autant que la narration est fluide et énergique. Manque surement cette once de poésie et de rondeur.

L’imagination au pouvoir ! Le Suédois Roland Pöntinen  joue sur le fil de l’émotion et offre une lecture tout à la fois sobre, impliquée, distante et fantasque. Est-ce ennuyeux ? Hypnotique ? Diable, difficile à dire ! C’est incontestablement tendu, plein, captivant jusque dans ses maniérismes.

Aldo Ciccolini  trouve immédiatement le ton qui colle à la simplicité feinte de Satie : ses Gymnopédies  chantent, possèdent souffle et mystère, et se gardent de toute démonstration. Tout cela est dessiné à la pointe sèche par un poète qui maitrise admirablement les secrets de cette musique et de son clavier.

Si le piano de Daniel Varsano  semble un peu désaccordé, quelle magie dans cette interprétation ! Le musicien verse dans son Satie une dose d’inquiétude et de désespoir bien perceptible, mais le fait sans pose ni chichi. Sa vision, anti-romantique à souhait, touche à l’essence même de cette musique : Satie vit, rit et respire dans ses moindres paradoxes.

Palmarès

N°1    Version F
 Daniel Varsano (Sony, 1979) N°2    Version C
 Aldo Ciccolini (EMI, 1983)

N°3    Version D
 Roland Pöntinen (Bis, 1985)

N°4    Version A
 Jean-Joël Barbier (Accord, 1971)

N°5    Version E
 Pascal Rogé (Decca, 1983)

N°6    Version B
 Jean-Yves Thibaudet (Decca, 2001)

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