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"Révéler le grand pianiste du XXIe siècle" : le concours Long-Thibaud fait son retour

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En 2019, Kenji Miura s'était imposé lors d'une soirée en direct vidéo sur le site de France Musique
En 2019, Kenji Miura s'était imposé lors d'une soirée en direct vidéo sur le site de France Musique
© Maxppp - Kyodo

Après la démission de son équipe artistique l'an dernier et deux années blanches à cause du Covid, la prestigieuse compétition annonce la tenue prochaine de son édition 2022.

Les organisateurs s'attendent à accueillir 150 candidats, venus du monde entier. La Fondation Long-Thibaud annonce le grand retour du prestigieux concours, consacré cette année au piano, après deux éditions avortées par le contexte sanitaire. Une édition "axée sur le renouveau", souligne le communiqué de presse, avec l'ambition de "renouer" avec un "prestigieux passé", annonce le nouveau président de la Fondation, Gérard Bekerman : "Le Concours Long-Thibaud instaurera une philosophie nouvelle où il n’y aura aucune frontière, mais un véritable dialogue entre le jury et les candidats afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes ; révéler le grand pianiste du XXIe siècle, telle sera l’ambition du prochain concours".

La compétition 2022 se tiendra du 7 au 13 novembre. Le jury comprendra des artistes de renommée internationale : Nicolas Angelich, Philippe Entremont, Marc Laforet, François-René Dûchable, Momo Kodama, Rena Sherechevskaya, Bruno Leonardo Gelber, Plamena Mangova et János Balázs.

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Chopin et Poulenc

Pour participer, une condition : avoir entre 16 et 33 ans. Au programme de la présélection cette année la Sonate en si bémol mineur n°2 de Chopin, une Toccata (Debussy ou Ravel), Presto en si bémol majeur de Poulenc, et une œuvre au choix parmi Couperin (Tic-Toc-Choc) ou Rameau (Le rappel des oiseaux). Trente candidats issus de la présélection seront qualifiés pour participer à l’épreuve éliminatoire à Paris, qui se déroulera salle Cortot. Dix seront qualifiés pour la demi-finale et six candidats au maximum participeront à la grande finale avec orchestre, au Théâtre du Châtelet.

Un retour d'autant plus attendu après deux annulations successives, en 2020 puis en 2021, à cause de la pandémie de Covid-19. "Tant que la situation sanitaire ne sera pas revenue à la normale, il ne nous sera pas possible de reprendre l’organisation des concours, une tâche complexe qui implique en particulier des déplacements dans le monde entier", soulignait l'an dernier Bernard Volker, l'ancien président de la Fondation. Un coup dur, alors même Renaud Capuçon, directeur artistique cette année-là, avait réussi à " retenir un jury d’une qualité exceptionnelle" selon l'organisation.

Défections

L'objectif est aussi de relancer un concours chamboulé l'an dernier par un petit séisme. En janvier 2021, Renaud Capuçon, Bertrand Chamayou et Dominique Meyer avaient claqué la porte, en même temps qu’une partie de l’équipe administrative. "J'ai souhaité passer à autre chose. J'ai essayé cette aventure, je souhaite beaucoup de succès à nos successeurs. Avec Dominique Meyer et Renaud Capuçon, ça n'a pas vraiment correspondu à nos attentes" , expliquait Bertrand Chamayou sur France MusiqueLa Lettre du Musicien évoquait également des problèmes de financement et d’organisation au sein-même de la structure, qui auraient joué un rôle dans le départ de l’équipe dirigeante.

"À part de rares exceptions, pour les concours, je trouve dommage que l'on ne prenne pas vraiment le temps de savoir à qui on a affaire" - Bertrand Chamayou

Il y a trois ans, le Japonais Kenji Miura s'était imposé, lors d'une soirée diffusée en direct vidéo sur le site de France Musique. Le pianiste de 26 ans avait su convaincre le jury présidé par Martha Argerich, notamment en interprétant en finale le Concerto n°2 de Chopin. "Non seulement ce concours a une longue et prestigieuse histoire, mais c'est principalement le programme qui m'a tout de suite séduit", nous confiait alors Kenji Miura : "Ce concours est très différent de ce qui se fait habituellement, on sent clairement que son but est de mettre en avant des musiciens complets". Créé comme un défi en 1943, au beau milieu de la Seconde guerre mondiale, le concours Long-Thibaud a depuis promu des interprètes comme Samson François, Michèle Auclair ou encore Aldo Ciccolini.

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