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Un accord "historique" pour une meilleure rémunération des artistes par le streaming

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Beaucoup d'artistes se battent pour une meilleure rémunération des plateformes de streaming
Beaucoup d'artistes se battent pour une meilleure rémunération des plateformes de streaming
© Maxppp - Arnaud Journois

L'accord, trouvé ce vendredi à l'unanimité des organisations, prévoit des royalties et des avances aux artistes pour la diffusion de leurs titres en streaming. Des garanties précieuses.

C'est un accord historique, selon les syndicats français, afin de garantir une rémunération minimale des artistes diffusés sur les plateformes de streaming. Ces derniers militaient pour une meilleure rémunération. Le gouvernement avait donné 12 mois aux organisations de producteurs et d’artistes-interprètes pour y parvenir. L’accord a été signé ce vendredi, valable pour cinq ans, dans la lignée de la directive européenne sur les droits d'auteurs votée en 2019. C'est donc un accord bienvenu et très attendu, quand on sait que 90 % des artistes perçoivent moins de 1 000 euros par an issus du streaming, alors même que leurs titres dépassent parfois les 100 000 écoutes.

Royalties et avances

Première mesure : un taux minimum de royalties versées aux artistes principaux, pour la diffusion de leurs titres en streaming. Ces derniers toucheront entre 10 et 11% de la somme versée par les plateformes aux producteurs. Un progrès car jusqu'alors ce pourcentage était sujet à discussions, et favorisait donc les têtes d’affiche, qui pouvaient mieux négocier leur contrat.

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Autre victoire : une avance de 1000 euros pour les artistes principaux afin de financer leurs projets. Une somme piochée là aussi dans la somme versée par les plateformes aux producteurs. De quoi favoriser des genres qui manquent parfois de moyens, "notamment le jazz et la musique du monde", se félicite Bruno Boutleux, le directeur général de l'Adami, organisme qui gère les droits des artistes interprètes. Sera également mis en place un fonds, financé directement par les producteurs, pour aider les nouveaux artistes et les plus fragiles à financer leur album.

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Un accord bénéfique à tous les collaborateurs

L’accord n’inclut pas que les artistes principaux : il englobe aussi les choristes et les musiciens qui participent à un album. Ces derniers toucheront un cachet supplémentaire, d’une centaine d’euros, lors de la mise en diffusion sur une plateforme. Puis, des rémunérations complémentaires, par pallier. Pour cela il faudra tout de même franchir, au minimum, 7,5 millions d’écoutes. "Cela peut paraitre beaucoup, mais le nombre d’abonnés aux plateformes de streaming augmente de jour en jour. Le volume de streams va nécessairement augmenter, notamment avec l’arrivée de plus en plus d’adultes", tempère Bruno Boutleux de l'Adami.

Petite ombre au tableau : l’accord concerne les producteurs mais n’est pas contraignant directement envers les plateformes de streaming. "Les choses auraient pu être différentes si elles avaient été autour de la table", regrette Philippe Gautier, secrétaire général de la Snam-CGT, l’Union des syndicats d’artistes musiciens. Les organisations parlent tout de même d’un accord "historique", mais il faut maintenant que toutes les parties jouent le jeu. Un comité de suivi va être mise en place, nous dit-on, pour en mesurer les retombées.

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