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Bruno Mantovani. Six pièces pour orchestre

Bruno Mantovani (auteur)
Orchestre Philharmonique de Radio France (interprètes principaux)
Pascal Rophé (sous la direction de)
Parution : 12.02.2014

Bruno Mantovani
« Six pièces pour orchestre »

Orchestre Philharmonique de Radio France. Pascal Rophé, direction.

Figures de la mélancolie
Si vous souhaitez connaître le Bruno Mantovani expressionniste et (schön)bergien, mélancolique pour tout dire, découvrir son jeu (dangereux et courageux) avec le déchirement de certaines nécessités intérieures, un des meilleurs sésames est assurément son œuvre composée en 2003, les Six pièces pour orchestre créées par l’Orchestre de Paris quelques mois après leur composition au festival Musica de Strasbourg, et défendues depuis lors par les meilleurs orchestres, notamment français. Le brio méditerranéen, gourmand et généreux de la «griffe» mantovanienne est connu de tous : il affleure naturellement dans de nombreux passages de cette œuvre-univers qui, semblable à une symphonie de Mahler en modèle réduit, condense en moins d’une demie-heure le cœur dense et fertile de tout un Zeitgeist musical – comment pourrait-il en être autrement lorsque vous mettez à disposition d’un orchestrateur-né et d’un harmoniste hors catégorie un orchestre par 4 (avec 6 cors s’il vous plaît) ?
Mais, plus que l’exultation d’une danse on ne peut plus viennoise (le titre de la pièce fait référence aux Cinq pièces opus 16 d’Arnold Schoenberg, auquel est dédié le finale, Jounal d’une vie) dans la troisième pièce au titre si savoureusement pseudo-figuraliste, Les Tannins, ou les déflagrations vertigineuses de certains tutti (que l’auditeur repérera facilement, sans effet déceptif toutefois : l’écriture ne cède jamais aux effets de manche ou à certains raccourcis, au contraire elle interroge sa pratique, y compris la plus «instinctivement» habile, dans une mise en abîme permanente), ce sont les stratégies d’évitement de cette présentation naturellement brillante des textures musicales qui intriguent et interpellent. Fragilité et brisure des lignes instrumentales (mouvements extrêmes), morcellement et saillance des reliefs rythmiques (tels des figures fractales ou, si l’on s’inspire de l’intitulé du quatrième mouvement, du design art nouveau de Gaudi), inversion de certaines focales harmoniques (priorité parfois donnée à des effets bruités sur un raffinement harmonique dont Mantovani a pourtant fourni dès sa plus jeune production des exemples d’une infinie sensualité) : ces Six pièces révèlent une ascèse esthétique étonnante pour un compositeur de… 28 ans.
En habile dialecticien (il le démontre au quotidien à la tête du Conservatoire de Paris, où il doit, en digne successeur de Massenet et de Fauré, concilier les exigences les plus antagonistes), le compositeur a beau consacrer les traditionnelles lignes de présentation de son œuvre à un propos exclusivement formel, évoquant une «synthèse entre deux conceptions opposées», une première, typique de la toute première période de son corpus, relevant de la «juxtaposition d’idées contrastées» et une seconde, orientée vers «un discours plus continu, voire procédural», l’écoute répétée de cette œuvre pointe vers un propos beaucoup plus subjectif et incarné, à l’image d’un prisme à six faces qui miroiterait et déformerait autant de figures de la mélancolie. Comme les mathématiques (qu’il a, adolescent, brillamment fréquenté) ou l’art culinaire (dont il est un amateur reconnu), l’introspection et l’individuation sont chez Bruno Mantovani des aspirations trop intenses pour ne pas affleurer dans le mouvement même de l’écriture musicale la plus parfaitement et pudiquement formalisée.
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L’Orchestre Philharmonique de Radio France a toujours été un acteur majeur de la création musicale. Chaque saison, l’Orchestre Philharmonique propose une quinzaine d’œuvres nouvelles en création, et participe aux grands festivals de musique contemporaine (Présences, Musica, ManiFeste, Festival d’Automne à Paris). Les musiciens ont eu la joie d’accueillir de nombreux compositeurs pour diriger leurs œuvres comme Pierre Boulez, Peter Eötvös, George Benjamin, ou Esa-Pekka Salonen.

Retrouvez le souffle de la musique d’aujourd’hui, dans une collection unique en téléchargement, l’occasion de découvrir les mondes sonores de Augusta Read Thomas, Yan Maresz, Bruno Mantovani, Tristan Murail, Marco Stroppa.

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La collection DENSITÉ 21 – RADIO FRANCE.

Détails techniques
Référence : DE013

En téléchargement. Mise en ligne le 12 février 2014

4,99
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