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Après la fin du port du masque, comment la France gère ses stocks de vaccins ?

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La France continue de maintenir ses stocks de vaccins à haut niveau.
La France continue de maintenir ses stocks de vaccins à haut niveau.
© Getty - Andriy Onufriyenko

Dès aujourd'hui, le masque n'est plus obligatoire dans les transports en commun (avions, taxis, métros, trains...). En parallèle, qu'en est-il des stocks de vaccins et de la stratégie de la France sur les prochains mois ?

La fin complète du masque nous amène à nous projeter un peu plus sur les futures échéances dans la lutte contre le COVID. À l'heure actuelle, la France dispose de 69 millions de doses de vaccins en stock qui sont conservées au frais. Cela signifie que le pays est capable de réagir vite et bien en cas de rebond épidémique. Très concrètement, nous avons les stocks suffisants pour permettre à tous les Français d'être de nouveau vaccinés en 2 mois. Toutefois, la situation n'est pour autant pas si idéale. Parmi les 69 millions de doses à notre disposition, 900 000 d'entre-elles sont du laboratoire Astra Zeneca et doivent être consommées impérativement avant la fin du mois auquel cas elles deviendront périmées.

148 millions de doses supplémentaires en France d'ici l'an prochain

Une forte commande de vaccins qui pose certaines questions. Mouv' a contacté Anne Sénéquier, médecin et auteur du livre « La géopolitique tout simplement ». La spécialiste nous explique que cette stratégie de commande massive peut montrer ses limites à cause de la protection encore éphémère du vaccin.

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C'est une immunité qui n'est pas pérenne dans le temps. Tant qu'on a pas de vaccin qui nous permet d'avoir une immunité telle que l'on peut l'avoir pour des vaccins comme le Tétanos où on avait 10 ans d'immunité ou d'autres pathologies qui nécessitent un rappel de 2 ans puis ont une immunité pérenne. Il y a cette nécessite d'avoir du stock.

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Le second problème, c'est lorsque l'on s'intéresse dans les détails aux 148 millions de doses que la France va recevoir. La commande se repartit de la manière suivante : 100 millions de Pfizer, 16 millions de Moderna, 3 millions Novavax pour les vaccins déjà utilisés sur le territoire national. Cependant, la livraison comprend également 20 millions de seringues de Sanofi et 9 millions de Valneva. Ces 2 sociétés françaises n'ont toujours pas obtenu d'autorisation sur le marché français.

Si ces vaccins n'obtiennent pas les autorisations nécessaires, la France se retrouvera avec potentiellement 29 millions de vaccins inutilisables. Selon Capital, ce sont 3,3 milliards d’euros prévus en 2022 pour la campagne de vaccination et des achats de vaccins. Anne Sénéquin, nous explique pourquoi cette stratégie peut aussi avoir des effets pervers et des répercussions au niveau international.

En ayant ce type de commande, on ralentit toujours la vaccination au niveau international. On a constaté qu'accaparer la grande majorité des vaccins pour les pays occidentaux, c'est-à-dire ceux qui ont les moyens de les acheter. Cela ralentit d'autant plus les campagnes de vaccination dans les pays à revenu faible et intermédiaire qui n'arrivent pas à vacciner leur personnes vulnérables.

Les millions de vaccins qui arrivent en France représentent un effort financier conséquent pour le contribuable. Il faudra s'assurer que ces dépenses ne soient pas vaines. La stratégie du gouvernement semble claire : mieux vaut trop, que pas assez.