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Ciryl Gane : « Je pense que l'UFC reviendra chaque année à Paris »

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Ciryl Gane sera la tête d'affiche de l'UFC Fight Night début septembre à Paris (photo : Chris Unger)
Ciryl Gane sera la tête d'affiche de l'UFC Fight Night début septembre à Paris (photo : Chris Unger)
© Getty - Chris Unger

Le 3 septembre à l’Accor Arena (Paris) aura lieu le premier évènement français de l’UFC, la plus grande ligue internationale de MMA. A l’affiche, le français Ciryl Gane qui affrontera Tai Tuivasa. A l’occasion de l’ouverture de la billetterie ce vendredi 24 juin, Mouv’ a rencontré "Bon Gamin."

Comment as tu vu l'arrivée très attendue de l'UFC à Paris ?

De façon très positive. C’est nouveau et c’est assez spécial parce que je ne vais plus avoir besoin de voyager, en tout cas pour ce combat-là. Bon je serais quand même dans une bulle car la fight week commence le mardi. Tu es dans un hôtel, coupé de tout le monde. Tu es juste avec tout le staff de l’UFC, les combattants. Mais le fait de l’avoir à Paris, ça va donner encore plus de lumière à notre sport en fait. C’est quelque chose qui va vraiment faire qu’aujourd’hui, peut-être, certains combattants qui sont encore un peu dans l’ombre vont avoir plus de lumière sur eux, plus de partenaires, de sponsors, une manière de vivre en tant que combattants professionnels un peu plus aisée. Ca va démocratiser notre sport dans notre pays, y’en a besoin parce qu’on est un petit peu en retard.

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Penses-tu que ce retard sera fortement rattrapé, quand on voit l’effervescence de l’UFC ?

Oui alors, pour le coup, on est en retard par rapport à la médiatisation, par rapport un peu aussi au nombre de combattants qu’on peut compter à l’UFC. Mais au-delà de ça on a déjà des grosses capacités. C’est-à-dire que dans d’autres sports on brille déjà. On a toujours été un pays du sport : en foot, on a une équipe de France qui est monstrueuse sur le papier, en basket ou en handball c’est la même. Pourquoi ce ne serait pas la même dans les arts martiaux ? C’est juste que ce n’est pas assez démocratisé pour qu’on puisse avoir vraiment ces nouveaux combattants en lumière. Moi je le suis parce que je fais partie d’une machine de guerre qui s’appelle l’UFC et qui, médiatiquement, fait un boulot monstre. Mais petit à petit, voilà, ça va aider à tout ça.

Quand tu vois que la carte se fait avec toi en haut de l’affiche, est-ce que tu as ton mot à dire là-dessus ?

Non non, moi l’UFC c’est mon patron et j’exécute ce que me demande mon patron. A aucun moment ils vont me solliciter pour savoir qui il va y avoir sur la carte, ou quoi que ce soit.

Ton adversaire australien Tuivasa est une grosse pointure aussi...

Très clairement : il est dans le top 5, donc ça veut tout dire. C’est un gars extrêmement dangereux, il a brillé en plus, très très fort dans ses derniers combats. Même s'il peut se faire toucher, il va quand même terminer les gars en face de lui, donc c’est quelqu’un avec qui il va falloir être très vigilant.

Comment va s'organiser ta préparation estivale ?

Les grandes vacances, c’est le meilleur moment pour partir avec ses enfants. Malheureusement ça tombe pile-poil sur mon camp d’entraînement. Donc ce qu’on va faire, ce qu’on a déjà vécu avec Fernand Lopez, mon coach actuel, c’est qu’on va partir en vacances tous ensemble et en famille. Et tous les matins, on va s’entrainer durement et je m’entrainerais une deuxième fois dans la journée. Et voilà on va bricoler pendant une semaine comme ça, et puis très vite on va revenir sur Paris pour finir le camp.

Un mot sur ce qui s’est passé il y a quelques mois avec l’effervescence à la Roche-sur-Yon, dont tu es originaire, quand tu es revenu justement avec ta famille aussi qu’on a exposé, on a vu aussi ton papa, ta maman, ta sœur aussi Julie qui travaille beaucoup autour du MMA. Est-ce que vous étiez prêts à tout ça ?

Ben écoute, ça a été assez facile de garder les pieds sur terre. Je pense que quand tu as de bonnes fondations, tu sais qui est qui. Ce n’est même pas un combat de tous les jours. C’est même pas je me dis « faut que je fasse attention ». Ça se fait tout naturellement. J’ai de bonnes fondations, j’ai une belle éducation et je connais les choses de la vie parce que j’ai commencé les sports de combats très tardivement, j’ai eu un succès très tardivement. Avant ça j’ai connu toutes les galères, toutes ces choses-là, donc je sais quoi est quoi.

Est-ce que c’est facile aussi de se couper de toutes les sollicitations et de rester avec ses valeurs ?

Oui on sait très bien de toute manière que le nerf de la guerre ce sont les combats et c’est surtout la victoire au combat. On sait très bien ce qu’il faut faire, les sacrifices qu’il faut faire. Donc là c’est la journée obligatoire par l’UFC, des journées qui sont chargées, condensées. Mais très clairement on a coupé depuis déjà quelques semaines en amont, si ce n’est des mois, tout ce qui était communication médiatique pour se concentrer sur l’entraînement. Et ça c’était une décision de prise depuis on bon petit moment et c’était clair et précis.

Est-ce que tu penses que l’UFC marque le coup sur un one shot ou est-ce qu’on va être, comme dans d’autres pays  : l’Angleterre, l’Irlande, d’autres pays européens où l’UFC revient ?

Je pense que c’est, bien évidemment, un UFC test. Mais je pense que très vite ils auront les réponses attendues. Très vite ils vont se rendre compte qu’il y a une grosse fan base, il y a de grosses attentes en termes d’event MMA ici en France, à Paris. Et je pense que pour le coup, facilement je peux vous dire aujourd’hui, je pense qu’il y en aura un par an si ce n’est plus.

En dehors de l’UFC, on a pu aussi découvrir une de tes passions : le jeu vidéo. Avec la chaîne Twitch aussi que tu as lancé. Raconte-nous un peu comment ça se passe pour toi ce parallèle entre le sport et ce côté gaming.

Le jeu vidéo j’y joue quasiment tous les soirs, quand je n’ai pas d’occupation le soir, c’est-à-dire quand tout le monde va se coucher. Vers 22h, je vais me connecter. Et une fois par semaine, donc, j’ai mon live Twitch que j’ai décidé de lancer. La raison pour laquelle j’ai lancé ça c’est qu’on m’en a parlé déjà. C’est un format où on est en direct, avec les fans. C’est des moments privilégiés, et ces moments-là malheureusement je ne les connais pas beaucoup. Parce que j’ai des patrons forcément penchés « réseaux, réseaux ». Vous savez, comme ces influenceurs parfois, je vais à l’extrême, des influenceurs qui sont toutes les 20 secondes à faire des stories pour expliquer leur quotidien. Ça s’est des choses dont les fans sont friands, malheureusement moi je ne donne absolument pas ça. Donc, j’ai dit pourquoi pas, jouer tous les soirs au jeu vidéo, comme ça je partage un peu avec les gens qui me suivent et puis comme ça on passe du bon temps ensemble. C’est vraiment la vraie raison.

Propos recueillis par Cédric Ruiz