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Et si … Vincent Cassel avait fait partie d’Assassin ?

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Vincent Cassel dans le film "La Haine" (Capture écran)
Vincent Cassel dans le film "La Haine" (Capture écran)
- La Haine

On a imaginé un univers parallèle dans lequel Vincent Cassel fait partie du groupe Assassin.

Les univers parallèles n’existent pas que chez Marvel. Le rap français aussi a ses réalités alternatives, dans lesquelles les évènements ne se sont pas déroulés de la même manière. Dans un autre monde, NTM n’a pas périclité après son quatrième album ; Booba et Kaaris ne se sont jamais croisés à Orly ; Vincent Cassel a remplacé son frère au sein d’Assassin ; Diam’s n’a jamais arrêté le rap

Dans le monde réel, Assassin a été l’un des premiers groupes de rap français. Pionnier du mouvement hip-hop, ce qui est à l’origine un duo composé de Rockin’ Squat et Solo va voir sa composition évoluer au fil du temps. DJ Clyde et Doctor L intègrent l’entité Assassin et en sont les architectes jusqu’au milieu des années 90, Solo quitte l’aventure en 1994. Rockin’ Squat poursuit l’aventure et s’entoure notamment de DJ Duke, mais l’histoire du groupe se touche progressivement à sa fin. En 1998, l’album Touche d’Espoir est considéré par Madj (dans une interview avec l’Abcdrduson datée de 2003) comme le premier album solo de Squat’. Officiellement, il s’agit du dernier album studio publié par l’entité Assassin.

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Le groupe au complet se retrouvera sur scène des années plus tard. Assassin reste l’un des groupes les plus importants de l’histoire du hip-hop en France. Non seulement il constitue l’un des symboles du rap engagé et politique (écologie, racisme, esclavage moderne, etc), mais il affiche en plus quelques belles réussites, comme le premier disque d’or en indépendant de l’histoire du rap français -un débat éternel, est-on vraiment indépendant quand on travailler avec Delabel ?

Longtemps resté discret au sujet de son identité, Rockin’ Squat a rappé à visage couvert pendant toute la première partie de sa carrière. Son histoire familiale, désormais connue par tous, et qu’il a lui-même pris le temps de raconter dans ses textes, n’est pas banale : fils de la famille Cassel, il est le petit frère de Vincent. Ce dernier a d’ailleurs côtoyé de près les débuts du hip-hop en France : dans une archive de 1988, on l’entend faire du beat-box pour un freestyle de Solo et Squat,aux côtés de Joeystarr.

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Dans un univers parallèle, le plus jeune des deux frères Mathias, n’a pas percé dans la musique. C’est son grand frère, Vincent, qui a fondé le groupe Assassin avec Solo, participant à l’explosion du mouvement hip-hop en France.

1985.Vincent Cassel est à New-York pour y suivre des cours de comédie à l’Actor’s Institute. Passionné par le cinéma, il rêve de se faire un nom sur le grand écran. Sa première audition est catastrophique : son petit frère Mathias lui a refilé une mauvaise grippe, il monte donc sur scène avec de la fièvre, des jambes en coton, et un gros état de fatigue. Manquant d’indulgence, son professeur lui assure qu’il n’a aucun avenir dans le métier. Les moqueries des autres apprentis-acteurs présents dans la salle feront le reste : Vincent Cassel ne deviendra pas comédien.

Démoralisé, en plus d’être malade, pendant les jours qui suivent, il finit par quitter son logement pour se promener dans les rues de New-York. Avec un regard nouveau, celui d’un jeune aux rêves brisés, il découvre alors la culture hip-hop. Sur place, il rencontre Solo, déjà très impliqué dans ce mouvement. Il a le même âge que lui, la même vie mouvementée, et déjà pas mal d’expérience dans ce milieu, notamment en tant que danseur. Tous deux s’entendent très vite, passent du temps ensemble aux Etats-Unis, puis se retrouvent à Paris. Cassel a fait l’école du cirque, il est sportif, et se distingue dans les compétitions de breakdance ou de smurf. L’idée de monter un groupe de rap finit par germer : ils fondent Assassin, stylisé Aszaszin, pour mettre en valeur le S de Solo et le Z de Vinz.

Les débuts du groupe sont hésitants, car les visions des deux rappeurs divergent. Solo veut absolument rester indépendant, tandis que Vinz estime que le poids d’une maison de disques pourra les aider à diffuser leur message au plus grand nombre. Ensemble, ils participent tout de même à la compilation Rapattitude avec le titre La formule ostensible. Ce sera malheureusement le seul titre officiellement publié par le groupe. Solo et Vinz se séparent en 1991, quand ce dernier signe avec Epic.

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Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu : alors que la maison de disques lui avait promis une carrière solo, on préfère se concentrer sur un autre groupe, le Suprême NTM, en pleine préparation de son premier album. Vinz, qui connaît bien le crew, est intégré contre son gré, et contre celui de Joeystarr et Kool Shen, au processus créatif d’Authentik. Des tensions émergent entre les trois rappeurs : Joeystarr s’emporte, Kool Shen essaye de calmer le jeu et de trouver un terrain d’entente entre toutes les parties en présence. Ne se sentant pas soutenu, Joey abandonne l’enregistrement, quitte le groupe, et casse son contrat avec Epic. L’album sortira quand même, Kool Shen et Vinz se répartissant les couplets manquants, et Solo venant leur prêter main forte sur 3 titres, pour prouver sa bonne foi, en souvenir des bons moments passés avec eux.

Alors que le rap français commençait à se faire un nom, la disparition des locomotives NTM et Aszaszin handicape fortement le mouvement. MC Solaar touche le grand public, IAM s’impose à Marseille, mais le rap parisien est à la traîne. Accusé d’être à l’origine de la disparition du Suprême NTM, sur qui Epic avait beaucoup misé, Vinz est mis dehors par la maison de disques. De retour en indépendant, il parvient à occuper le terrain par le biais de différentes apparitions : il est présent sur Rapattitude 2 en 1992, puis en featuring sur Ombre est Lumière (IAM) l’année suivante, avant de se rapprocher de Fabe, avec qui il collabore sur deux titres, Je n’aime pas et C’est là.

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En 1995, Vinz, qui continue à rapper sous la bannière Aszaszin, est appelé par Mathieu Kassovitz pour participer à la Bande Originale du film La Haine. Suivant la journée de trois jeunes banlieusards après une nuit d’émeutes, ce film-choc est porté par la prestation de Didier Morville dans le rôle principal. Associé à Saïd Taghmaoui et Hubert Koundé, il s’impose comme l’un des grands espoirs du cinéma français. Le film provoque des débats et des protestations, mais il est projeté à Cannes, et finit par devenir culte. L’album de “musiques inspirées du film” marque lui aussi les mémoires. Du Ministère Amer à Expression Direkt, il s’agit d’un beau panorama du rap français du milieu des années 90. C’est Vinz qui referme la tracklist avec L’Etat Aszaszine, un morceau engagé qui dénonce les violences policières.

Revenu sur le devant de la scène, Vinz publie enfin son premier album solo, deux ans plus tard. Intitulé Les clés du Paradis, il délaisse l’aspect politisé pour se concentrer sur des titres introspectifs, très personnels. Dès l’intro, Enfant de la balle, il raconte son enfance, ses liens avec son paternel, ses voyages à New-York … Le reste de la tracklist oscille entre pure autobiographie et storytelling plus romancé. Comparé à Métèque et Mat, le premier album solo d’Akhenaton, ce projet est une belle réussite critique, mais peine à toucher le grand public. Devenu un classique du rap français, il est aujourd’hui l’exemple typique d’un flop commercial réhabilité avec le temps. Il ne sera certifié disque d’or qu’en 2008, onze ans après sa sortie, et ira même chercher le platine en 2021, grâce à une édition remastérisée publiée sur les plateformes de streaming.

La réception ambivalente de l’album pousse le rappeur à prendre une pause artistique. Pendant que son petit frère Mathias a fait fortune en investissant dans les laboratoires pharmaceutiques avant d’intégrer le cercle des proches de la famille Rothschild, Vincent retourne aux sources, à New York, où il rejoint des crews de danseurs, continue à graffer, et participe à des open-mics. C’est au cours d’une soirée hip-hop qu’il croise Solo. L’amitié entre les deux hommes rejaillit alors comme si elle ne s’était jamais tarie. Les deux compères décident de reformer Aszaszin, en suivant cette fois-ci la vision de Solo : la voie de l’indépendance.

Le retour du groupe se fait en 2003, sur Paname Hall Starz (“Hahaha … C’est quoi vos blazes ? Vinz et Solo. Vous représentez quoi ? Le 75 ! Ok …”). Vinz profite de cette invitation pour mettre les points sur les i, et répondre à MC Jean Gab1, qui l’attaquait quelques mois plus tôt sur J’t’emmerde (“ton frelon, un tas de fric, maqué avec l’industrie pharmaceutique”). En 2004, Asaszin publie enfin son seul album en tant que groupe. Rendant hommage aux premières années de la culture hip-hop, ce projet est un beau témoignage historique. Produit par Nikkfurie, le single Thé à la sauge apparaît même dans le film Ocean’s Twelve, grosse production hollywoodienne réunissant George Clooney, Brad Pitt, Catherine Zeta-Jones et … Didier Morville, dans le rôle du baron Joey Toulour dit le Jaguar de la nuit, l’un des antagonistes du film.

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