« Le Zin / La Zine » : focus sur un gimmick omniprésent du rap français

Publicité

« Le Zin / La Zine » : focus sur un gimmick omniprésent du rap français

Par
Naps - Le Zin / La Zine (Clip Officiel)
Naps - Le Zin / La Zine (Clip Officiel)
- Naps

Retour sur l’expression qui traverse les scènes francophones

En une syllabe seulement, l’expression est devenue au fil des années l’un des gimmicks les plus récurrents dans les lyrics du rap français. De Naps à Jwles en passant par Infinit’, les trois lettres qui forment le « zin » se propagent depuis plusieurs années déjà dans le vocabulaire francophone, et ce, notamment grâce à son utilisation massive dans les lignes du rap français. Des scènes confidentielles du rap français aux tubes aux millions d’écoutes, focus sur un gimmick qui fait chanter le rap en France.

Wesh le Zin

Nous sommes en 2017, le 19 mai précisément. Depuis quelques mois déjà, la cité phocéenne voit au coeur de ses ruelles un phénomène prendre de plus en plus d’ampleur. Avec ses instrumentales club, ses rimes aussi simples qu’efficaces et son goût prononcé pour l’alcool et la fête, la voix caractéristique d’un certain Naps inonde les boulevards, les places et les rochers du pied de la corniche Kennedy. Depuis ses 17 ans, Nabil de son vrai nom écrit, pose et dévoile de nombreux morceaux au sein de « Click 11.43 », groupe dont fait aussi parti un certain Kofs, puis s’est vite lancé dans une carrière solo, marquée par la sortie de son premier album « Ma vie & ma ville », en 2015. Alors, avec son deuxième album studio « Pochon Bleu », c’est l’explosion : derrière cette pochette aux teintes azur et à la mèche parfaitement laquée, Naps présente une palette musicale impressionnante entre rap et refrains clubs. Les millions de streams s’accumulent pour le marseillais, et bon nombre des morceaux de l’album s’érigent en de véritables tubes. Un titre en particulier suscite un certain engouement : le morceau « Le Zin / la Zine », qui affiche aujourd’hui plus de 40 millions de vues sur YouTube.

Publicité

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Avec un refrain chanté comme un tube de l’été et des paroles à la profondeur relative, Naps est l’un de ces rappeurs qui a massivement contribué à populariser un gimmick aujourd’hui omniprésent du rap français : il tient en trois lettres, c’est le « Zin ». Avec son morceau au titre on ne peut plus évident (Le Zin / La Zine) dévoilé sur ce même album, l’expression affectueuse dérivée du mot cousin / consine, aussi souvent écrite « zinc » semble connaître un coup de projecteur impressionnant : le morceau contribue à lui donner un nouvel éclat dans l’argot des villes et métropoles francophones, et par conséquent, s’immisce dans le language courant.

Pourtant, bien avant Naps et son tube, l’expression « Zin » et son féminin était déjà massivement utilisée dans le rap français. Si Naps a certes participé à lui donner un second souffle, quatre ans avant son tube « La Kiffance » et sa dernière accusation de viol, entre autres, l’expression se diffuse depuis plusieurs années déjà dans les lyrics de nombreux rappeurs et rappeuses en tant que gimmick à l’impact incroyablement efficace.

Le Zin et les autres

Membres éminent de DonDada records et rappeur à la technique aussi impactante que ses punchlines, il est celui qui aurait dû succéder à Christian Estrosi à la mairie de Nice. Pourtant, la carrière d’Infinit’ se fait plutôt dans les studios : avec ses 5 projets distillés entre 2013 et 2020, le rappeur niçois à su se hisser comme l’un des rimeurs les plus appliqués de sa génération, maniant aussi bien les habiles métaphores que le rythme. Et ça, c’est notamment grâce à son utilisation quasi-systématique du gimmick « zin », qu’il n’hésite pas à pousser aussi bien en introduction de morceau que pour ponctuer ses fins de phrase. Avec cette gimmick, le rappeur nous livre une utilisation bien plus habile que celle du marseillais : il s’en sert à la fois comme d’une rime répétitive de fin de ligne, comme le fait bien souvent Freeze Corleone, mais aussi

comme d’un cri de ralliement : ce martèlement très répétitif a fait du « zin » un terme caractéristique de sa musique. Et c’est bien ça le propre du gimmick : il permet aux rappeuses et rappeurs de « cacheter » leur musique, comme le ferait par exemple le tag d’un beatmaker. En s’appropriant à ce point un terme et ses multiples façons de le prononcer, le « zin » d’Infinit’ semble tout aussi reconnaissable que le « mathafak » d’SCH, ou dans un autre registre, que le fameux « lessgo » de La Fève. Pourtant, si Infinit’ s’est fait plutôt discret depuis la sortie de « Ma vie est un film part. II » en 2020, le gimmick « zin » n’a pas été délaissé : au contraire, un autre rappeur bien particulier s’est chargé de le porter encore plus loin.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Du haut de ses collaborations avec Ed Banger, de son travail constant destiné à repousser les frontières du rap français et de ses 10 ans de carrière, Jwles est un de ces personnages qui fait du bien au rap français. S’il était plutôt clivant au début de sa carrière francophone, sa dernière mixtape « Le Zin et les autres » s’est chargée d’apaiser les critiques, et ce grâce à son écriture et sa maîtrise de l’image impressionnante : au travers de ses textes, Jwles conte ses histoires personnelles, aussi bien bercées par des moments de routine que des soirées torrides.

Comme s’il écrivait des nouvelles, le rappeur n’hésite pas à personnifier les acteurs de ces récits, et pour cela, il use du gimmick « Le Zin » ou « La Zine » à toutes les sauces. Que ce soit pour parler de ses amis, de ses amours nocturnes ou même pour parler de lui à la troisième personne, « Le Zin » est omniprésent chez Jwles. S’il est un atout certain pour mener à bien ses placements rythmiques particuliers, l’expression est chez le rappeur un moyen habile de dessiner un univers musical qui lui est propre : entre vrais zins et faux zins, zines libres et jolies zines, Le Zin porte dans ses textes une habilité rare en termes de gimmicks. Bien au delà de rendre sa musique reconnaissable, l’expression est peu à peu devenue le véritable ciment de ses textes, à tel point que dans la scène rap actuelle, le gimmick ne semble n’avoir plus qu’un seul parent : Jwles en est devenu son ambassadeur.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Qu’il se glisse dans des tubes aux millions de streams, dans des mixtapes qui ont fait les plus belles heures du rap des années 2010 ou bien dans les couplets les plus imagés de la nouvelle génération, le gimmick « zin » a traversé autant de scènes du rap français qu’il n’y a trouvé d’usages différents : chanté, martelé ou personnifé, Le Zin est partout dans le rap français, et ce depuis de nombreuses années. Et si vous tendez l’oreille, vous verrez : « le zin » se cache dans une quantité impressionnante de morceaux de rap français, et semble en être l’un de ses gimmicks les plus utilisés. Le Zin n’est pas mort, le Zin est roi, vive le Zin !