Publicité

Lomepal : ce qu'on a (honnêtement) pensé de son nouvel album

Par
Lomepal - photo promo (Manu Fauque)
Lomepal - photo promo (Manu Fauque)
- Manu Fauque

Le dernier album de Lomepal, "Mauvais Ordre", est sorti ce vendredi 16 septembre. On vous donne notre avis sur le projet.

Difficile de passer à côté : Lomepal est revenu ce 16 septembre avec un nouvel album, Mauvais Ordre, longuement teasé et fortement attendu par ses fans. Après plusieurs écoutes, voilà ce qu'on a pensé (et retenu) de ce troisième chapitre offert par le rappeur parisien.

Dès les premières notes de l'album, et comme on le pressentait avec la sortie de Tee et Auburn, les deux derniers singles de l'artiste, ce dernier a choisi d'affirmer une nouvelle direction artistique. Avec Mauvais Ordre, Lomepal s'éloigne sans complexe du monde du rap qui l'a vu grandir, et retrouve ses premières amours : le rock et la variété. Un virage pas si surprenant pour celui qui disait ne pas se sentir à l'aise avec l'étiquette de rappeur, et qui fonctionne plutôt bien : accompagné de musiciens de talents, il pose sur des prods travaillées au millimètre, et change même carrément de timbre de voix sur certains sons, comme sur Prends ce que tu veux chez moi.

Publicité

De 1000 degrés à 50 degrés

Pour les puristes de rap, ou les fans du Lomepal des débuts, ce changement de direction peut cependant décevoir. Et c'est vrai que malgré quelques couplets bien rythmés, Antoine régale surtout dans ce nouveau projet par ses refrains mélodieux, dans lesquels il pousse parfois la voix encore plus qu'à son habitude. Dans Mauvais Ordre, si on retrouve l'univers sombre et complexe d'un Lomepal qui semble toujours se prendre autant la tête, il faut avouer qu'il n'y a pas de gros banger à la 1000 degrés ou Lucy sur lequel on pourrait s'enjailler en soirée, et ça manque. Cela dit, il semblerait que l'ambiance soit toujours au rendez-vous lors de ses lives, comme en atteste son concert surprise à la Boule Noire, dont les places se sont écoulées plus vite que l'ombre du parisien.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Lomepal guérit, tant pis pour nous

Globalement, l'album est vraiment une réussite, et on va sans doute l'écouter plus d'une fois. Mais on ne peut s'empêcher de regretter, surtout, l'artiste à fleur de peau de Beau la Folie, qui nous déchirait le cœur avec des sons comme Trop beau ou qui illustrait parfaitement les troubles mentaux comme dans Sur le sol. Plus pudique, Mauvais Ordre est censé être une fiction, et c'est finalement ce qui nous a un petit peu déçus : les confidences et l'aspect intime et sans filtre de ses précédents projets. Un manque un peu rattrapé par Hasarder, qui se dénote par sa force émotionnelle, et par des punchlines assez fortes, mais trop rares - "Je ressemble tellement à ce monde, j'ai les névroses assorties", chante-t-il dans Tee. On n'oubliera pas notre petit coup de cœur pour Crystal, qui, même si le titre ne parle pas de Lomepal, semble presque plus intime que ses autres chansons.

Si Mauvais Ordre est clairement un beau projet, qui nous offre le plaisir de voir un Lomepal un peu plus (mais pas tout à fait) apaisé, il est aussi celui de la liberté artistique. Lomepal n'a plus rien à prouver, et cela se ressent dans ses sons. Toujours en remise en question de son style, l'artiste nous régale une fois de plus mais sans ce petit grain de sel qui nous plaisait tellement, la force de ses émotions qui transparaissaient dans des sons comme Evidemment. Tant pis pour nous... mais finalement, tant mieux pour lui.