Rooster Fighter, Mangetsu, 2022 - Shu Sakuratani
Rooster Fighter, Mangetsu, 2022 - Shu Sakuratani
Rooster Fighter, Mangetsu, 2022 - Shu Sakuratani
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Résumé

Un coq en quête de vengeance affronte des monstres géants dans ce nouveau manga hilarant qui parodie les héros d'action.

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Il s’appelle Keiji (« le coq ambitieux »), il bombe le torse, il marche la tête haute, il a des valeurs old school et réduit à néant tout ce qui se met sur sa route. La première réplique qu'il lance : « je vais tous vous éclater ». Bref, si Keiji était un titre de rap, il serait celui-là.

Rooster Fighter, Mangetsu, 2022
Rooster Fighter, Mangetsu, 2022
- Shu Sakuratani

Keiji le coq a la haine, parce qu'elle est inscrite dans ses gènes, mais aussi parce que sa petite sœur a été tuée par un Kiju. Dans Rooster Fighter, les Kijus sont des monstres géants à visage humains. Ils sont une référence évidente aux Kaijus, ces monstres géants surgissant de nulle part, ravageant les villes et s'en prenant à la population, popularisés par le film Godzilla de Ishirō Honda en 1954. Le Kaiju est une figure qui a marqué la pop culture, de King Kong à Pacific Rim, qui revient à la mode dans le manga, par exemple dans L'Attaque des Titans ou Kaiju n°8 (sorti en France en janvier). Dans Rooster Fighter, les Kijus ont un visage humain, un corps difforme doté de membres insectoïdes, et ils ont tous une raison de détester l'humanité. Qu'ils s'agisse d'une femme malmenée par son amant qui refuse de quitter sa femme, un employé modèle qui ne parvient pas à remplir ses objectifs de vente, une créature rejetée par sa famille, un exhibitionniste devenu fou à force de réprimer ses pulsions, chacun d'entre vomit sa haine sur les vivants. Et Keiji, le coq bouffi d'orgueil, va les affronter un par un jusqu’à ce qu'ils meurent, avec des armes... surprenantes.

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Car Keiji est en apparence un coq comme les autres, avec une crête qui se dresse fièrement et des barbillons sous le bec, qui se nourrit de graines, de riz et de punaises, dont il raffole. Mais ce coq qui parle mal est ultra badass. Il adore la baston et possède un cri supersonique qui peut briser les vitres et les tympans à des kilomètres à la ronde. Surtout, il est en mission. Keiji le coq est pétri de valeurs, n'aime pas les enfants, défie du regard tous ses interlocuteurs. Certes, il est un peu à l’ancienne, mais il est là pour protéger l’humanité, pour « la défense des opprimés et la lutte contre la tyrannie ». C’est un solitaire qui erre de ville en ville pour affronter les Kiju et venger la mort de sa sœur. A chaque chapitre, il rencontre des personnages nouveaux qui sont autant d’occasions de réfléchir au sens de la vie et des relations sociales. Un vieux toucan brésilien dans un zoo, une tortue qui le provoque en duel parce qu’elle déteste les oiseaux depuis que sa famille a été massacrée par des mouettes, ou un petit poussin ultra émotif, qui s’est fait tatouer le code d’honneur des yakuzas sur les plumes par son premier maître, et qui devrait être présent dans les prochains tomes…

Rooster Fighter est un manga comique ultra régressif,  qui parodie les mangas d'action virils, mais derrière l’humour et l’exagération, on trouve une forme d’émotion. Celle du survivant qui s'est construit dans la douleur et l'adversité permanente. Pour Keiji le coq, la vie est dure. Personne ne lui a fait de cadeau, il a donc pris « l’habitude de se battre bec et ongles pour survivre ». Au milieu du déluge de répliques hilarantes, on ressent même une pointe de tristesse quand un des personnages secondaire meurt. C’est aussi l’intention de Shû Sakuratani, le mangaka qui a écrit Rooster Fighter. Son but était aussi de « faire réfléchir au fait que les animaux pouvaient perdre la vie à tout moment sans que cela ne soit étonnant, car ils vivent entourés d’une nature très dure et très hostile ».

Le tome 1 vient de sortir, le deuxième tome sera disponible le 4 juillet. Pour l’instant, Rooster Fighter est prévu en 3 tomes, mais devant le succès rencontré, l’éditeur japonais songe à prolonger la série. C’est drôle, vous pouvez le lire en bouffant des graines et ça fait toujours du bien de se dire qu’un coq un peu vénèr peut sauver le monde.

Références

Programmation musicale

L'équipe

Tanguy Blum
Production