Une adolescente avec son smartphone ©Getty
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Résumé

Après la publication d’une étude interne au groupe Instagram sur la toxicité du réseau social pour les adolescentes, Facebook, propriétaire d’Instagram, se défend et parle d’une "conclusion fausse". Pourtant l’étude parle bien de toxicité.

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En septembre, c’est le Wall Street Journal qui avait publié cette étude confidentielle révélée par une lanceuse d’alerte, Frances Haugen qui a travaillé pendant des années chez Facebook, rendait publique les conclusions concernant les conséquences de l’utilisation d’Instagram pour les jeunes filles mineures et le résultat était dramatique : pour une ado sur trois, donc 32%, Instagram serait nocif en terme de santé mentale. Or lundi, le directeur de Facebook France, Laurent Solly questionné là-dessus par France info a affirmé que la conclusion était fausse. "La conclusion de cette étude est fausse, dit-il, c’est une étude qui a été faite sur des jeunes femmes qui éprouvaient une sorte de mal être, et sur 12 critères, 11 des points montrent qu’Instagram, selon elles, améliore leur vie sociale."

La perte de confiance en soi 

C'est intéressant parce qu'il ne dit pas "l'étude est fausse" mais "la conclusion est fausse". Ce qui peut se vérifier facilement puisque l’étude est disponible, publiquement. Elle dit effectivement qu’une jeune fille sur trois ressort mal à l’aise après avoir balayé des publications sur Instagram, souffrant des comparaisons avec les autres filles, perdant en estime de soi, jusqu’à développer des troubles alimentaires type anorexie ou boulimie. Mais Facebook préfère parler d'un autre enseignement de cette même étude qui dit qu’Instagram, selon ses utilisatrices, améliore leur vie sociale. 

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Les deux informations sont vraies. Mais Facebook préfère mettre en avant ce qui l’arrange. Ce que dit la lanceuse d’alerte est vrai, 32% des 150 filles interrogées disent que quand elles ne se sentent pas bien et qu’elles vont sur Instagram, ce qu’elles y voient "augmente leur mal être". Pire, l'étude note que 22% des ados qui ont tenté de se faire du mal, voire de se suicider, ont eu l'impulsion après être allé sur Instagram. Enfin, on trouve aussi un tableau récapitulatif des dommages que peut causer Instagram chez les jeunes : anxiété, isolement, insécurité, dépression. En parallèle,  l’étude pose aussi la question de la satisfaction en terme de vie sociale, qui dit que la majorité des jeunes interrogés sont satisfait de leur vie sociale avec le réseau social. Mais les deux sujets sont différents. On peut se sentir mal, en détresse, et en même temps se dire qu’on a bien une vie sociale avec les réseaux. L’un n’empêche pas l’autre. Donc la vraie conclusion de cette étude, c’est celle sur le degré de toxicité du réseau. Ce qui explique sans doute pourquoi Facebook a renoncé à lancer tout de suite son Insta Kids. 

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Références

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  • 12h49
    Ma Petite (feat. MERYL)
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    RACHELLE ALLISON
    Ma Petite (feat. MERYL)

    Album Ma petite (feat. Meryl) (2021)

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