Mondial : la rivalité entre les Serbes et les Suisses d'origine kosovare

Les milieux de terrain Xherdan Shaqiri, Djibril Sow, le défenseur Ricardo Rodriguez, l'attaquant Noah Okafor et le défenseur Eray Comert.
Les milieux de terrain Xherdan Shaqiri, Djibril Sow, le défenseur Ricardo Rodriguez, l'attaquant Noah Okafor et le défenseur Eray Comert. ©AFP - Fabrice Coffrini
Les milieux de terrain Xherdan Shaqiri, Djibril Sow, le défenseur Ricardo Rodriguez, l'attaquant Noah Okafor et le défenseur Eray Comert. ©AFP - Fabrice Coffrini
Les milieux de terrain Xherdan Shaqiri, Djibril Sow, le défenseur Ricardo Rodriguez, l'attaquant Noah Okafor et le défenseur Eray Comert. ©AFP - Fabrice Coffrini
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Ce vendredi 2 décembre 2022 a lieu le match Serbie-Suisse au Mondial au Qatar, qui pourrait rouvrir des plaies géopolitiques sur la question de la non reconnaissance du Kosovo. Plusieurs joueurs suisses sont d'origine kosovare, nationalité niée par les Serbes.

Ce n’est pas forcément le match le plus attendu de la journée au Mondial du Qatar. Mais Serbie-Suisse (ce vendredi 2 décembre 2022 à partir de 20 heures) est sans doute le plus politique. La raison  n’a rien à voir avec l’un ou l’autre des deux pays. Mais cela à voir avec les liens qu’ils entretiennent avec le Kosovo. Pays d’où sont originaires plusieurs joueurs suisses et dont la Serbie nie l’indépendance. Ecoutez le reportage à Genève de Jérémie Lanche, correspondant pour Radio France en Suisse.

"Quand sportivement ça va mal, ce sont les étrangers qui prennent en premier" Grégory Quin

Nous sommes le 22 juin 2018 pendant la Coupe du monde en Russie. Les Suisses menés au score face à la Serbie, l’emportent finalement grâce à leurs stars : Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri, deux joueurs avec des attaches au Kosovo. Ils célèbrent ostensiblement leur buts en mimant l’aigle bicéphale albanais. Tollé côté serbe. Et polémique également en Suisse où certains remettent en question l’identité des joueurs. "Les diasporas d'ex-Yougoslavie en Suisse comptent parmi les plus importantes. C'est une question qui dépasse le football en fait, c'est une question d'intégration des premières, deuxièmes ou troisièmes générations, avec son lot de stéréotypes et de récupérations politiciennes, explique Grégory Quin qui enseigne à l’Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne. Quand sportivement ça va mal, ce sont les étrangers qui prennent en premier et la Suisse n'échappe pas à ça".

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Polémique dans le vestiaire

Les joueurs s’en tirent avec une amende infligée par la FIFA, allergique à tout message politique. Côté Suisse, on fait tout pour éviter de reparler de l’incident avant le match de ce soir. Granit Xhaka, désormais capitaine, a dit qu’il ne gaspillera pas son énergie pour autre chose que le football. Sauf qu’on ne sait pas si le sentiment est partagé. Une photo, montrant le vestiaire de l’équipe de Serbie avec un drapeau niant l’indépendance du Kosovo circule sur les réseaux sociaux depuis la semaine dernière. La FIFA a ouvert une enquête.